AccueilOxygèneBallet Preljocaj : quand la voix du philosophe Gilles Deleuze rencontre le génie d’Hendrix

Ballet Preljocaj : quand la voix du philosophe Gilles Deleuze rencontre le génie d’Hendrix

Le chorégraphe Angelin Preljocaj démontre une nouvelle fois, avec sa pièce Deleuze/Hendrix, combien il aime s’aventurer sur des chemins de traverse. Cette fois, il est question de philosophie, mise en lumière par les riffs envoutants d’Hendrix.
Porté par la musique d’Hendrix et les mots du philosophe Gilles Deleuze, la pièce « Deleuze/Hendrix » nous transporte dans les années 70, époque inoubliable durant laquelle les corps commençaient leur véritable libération.
Jean-Claude Carbonne - Porté par la musique d’Hendrix et les mots du philosophe Gilles Deleuze, la pièce « Deleuze/Hendrix » nous transporte dans les années 70, époque inoubliable durant laquelle les corps commençaient leur véritable libération.

Oxygène Publié le ,

Angelin Preljocaj est un artiste pluriel, féru notamment de philosophie. Pour créer en 2021 sa pièce Deleuze/Hendrix, le chef d’orchestre du Pavillon noir, à Aix, s’est plongé dans les archives audio des cours dispensés par le philosophe Gilles Deleuze. Nous remontons alors le temps pour nous asseoir sur les bancs de Paris VIII, dans les années 80. Pourquoi Deleuze ? Sans doute parce que les deux hommes partagent la même fascination au corps, mais aussi un goût affirmé pour les beaux-arts, le cinéma, associé à de longues réflexions personnelles sur la notion du désir.


Sur scène, huit danseurs composent des tableaux avec pour musique la voix de Deleuze. Le disciple de Spinoza évoque, avec humour et pertinence, ses réflexions autour de la question du corps et du mouvement. La matière première de tout chorégraphe. Puis arrive la guitare sauvage et puissante de Jimi Hendrix.

Que les mouvements des danseurs soient portés par la voix de Deleuze, ou par la musique d’Hendrix, cette pièce forte nous emmène une heure durant à la rencontre de nous-mêmes, via notre rapport au corps… un peu finalement comme à chaque représentation signée Preljocaj.

Un travail de fond autour de la voix

Ce n’est pas la première fois qu’Angelin Preljocaj imagine des mouvements avec la voix pour partition. En 1995 déjà, il crée L’Anoure et sa lecture en direct du livret de Pascal Quignard. En 2009,il interprète seul en scène le texte de Jean Genet dans Le Funambule. En 2012, ce sont les mots de Laurent Mauvignier qu’il fait résonner avec Ce que j’appelle oubli, portéspar la voix du comédien Laurent Cazanave. En 2019, il crée Winterreise de Franz Schubert, une œuvre pour piano et voix, pour laquelle il choisit la présence du chanteur baryton Thomas Tatzl aux côtés de ses danseurs.

Cette pièce forte nous emmène une heure durant à la rencontre de nous-mêmes, via notre rapport au corps… un peu finalement comme à chaque représentation signée Preljocaj. (Crédit : Didier Philispart)

La voix mais aussi la philosophie, il en est également question avec Empty moves, un travail en plusieurs volets qu’il amorce en 2004. Il y a fait le choix d’une incroyable bande-son : un concert de John Cage à Milan, une performance déroutante faite d’incompréhensibles phonèmes et basée sur l’essai du philosophe Henry David Thoreau, La Désobéissance civile.

Le chorégraphe Angelin Preljocaj renouvelle donc avec Deleuze/Hendrixune expérience entre philosophie et pop culture, qui nous replonge dans le son légendaire des années Woodstock.

« Deleuze/Hendrix » de Angelin Preljocaj, du 24 au 26 janvier, à 20 h, Pavillon noir, Aix-en-Provence. Tarifs de 10 à 23 €. Durée : 1 h 15.
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