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Arles : avec Maison d'accueil, l'épicerie solidaire se fait itinérante

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Arles : avec Maison d'accueil, l'épicerie solidaire se fait itinérante
D.R. - Aujourd'hui, 2 500 personnes en file-active s'approvisionnent à l'épicerie solidaire du quartier Trébon contre 35 à l'origine il y a cinq ans.

L'association arlésienne Maison d'accueil, Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), va absorber dans les prochaines semaines l'épicerie solidaire de l'association Epi du pays d'Arles avec la volonté de faire passer un cap à son activité de Banque alimentaire.

Ce Mois de l'Economie sociale et solidaire (ESS) marque un tournant dans l'histoire de l'association arlésienne Maison d'accueil. En effet, elle s'apprête à absorber dans les prochaines semaines l'activité d'épicerie solidaire de l'association Epi du pays d'Arles, une structure à laquelle elle avait donné naissance il y a cinq ans. « Notre Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), qui assure l'accueil, l'hébergement temporaire et l'accompagnement de personnes en difficulté [80 places, soit 25 appartements qui abritent des familles, NDLR], constitue notre activité principale. Quand les personnes en sortent pour retrouver un logement, on s'est demandé quels leviers on pouvait actionner pour qu'une fois le loyer payé, elles puissent continuer à vivre à côté. La question de la nourriture nous est alors apparue fondamentale », explique Thierry Mila, directeur de Maison d'accueil. C'est ainsi que germe l'idée de créer une épicerie solidaire où l'on proposerait des produits moyennant une participation financière symbolique, qui serait également un chantier d'insertion. « On a proposé l'idée à la Direccte qui a été emballée », poursuit-il. Ce qui débouche sur la naissance d'Epi du pays d'Arles, une structure dont Thierry Mila est le trésorier.

Deux ans plus tard, au vu de l'augmentation du nombre de bénéficiaires (2 500 en file-active aujourd'hui contre 35 à l'origine) et du manque d'offres d'insertion de type « atelier chantier d'insertion » sur le territoire du pays d'Arles, l'épicerie acquiert l'agrément pour devenir une Structure d'insertion par l'activité économique (SIAE). Elle ambitionne alors « d'accélérer le mouvement » et de devenir aussi une épicerie ambulante. « Arles est la plus grande commune de France, ce qui pose des problèmes de mobilité. Pour nombre de personnes, c'est très compliqué de venir se servir à l'épicerie. Mais lorsqu'en 2018 on a déposé notre dossier pour proposer de l'ambulant, on n'a pas intéressé grand-monde », se souvient Thierry Mila.

Un développement dopé par le confinement

Mais la donne change début 2020 avec le premier confinement.

« Les autres associations qui œuvrent dans le domaine de la solidarité ont dû cesser leur activité car elles reposaient sur des personnes âgées qui étaient aussi des sujets à risque. La sous-préfecture est intervenue pour qu'on ne ferme pas l'épicerie et elle nous a proposé de participer à la livraison à domicile de paniers solidaires. Ce qui a mis en exergue toute la pertinence et la cohérence de notre projet d'épicerie itinérante », souligne le trésorier d'Epi du pays d'Arles.

Ainsi, au sortir du confinement, l'association trouve cette fois-ci une oreille attentive auprès des financeurs, ce qui lui permettra de mettre en place dès le 1er janvier prochain un service d'épicerie ambulante.

C'est dans ce contexte que Maison d'accueil (15 Equivalents temps plein - ETP -, 1,3 M€ de budget) va absorber l'activité d'Epi du pays d'Arles (6 ETP, environ 230 000 € de marchandises distribuées en 2019), deux structures qui étaient jusqu'ici gérées de manière totalement indépendante. « C'est une absorption comme on peut l'imaginer dans le secteur marchand. On va rationnaliser les fonctions support (comptabilité, ressources humaines) et se faciliter la gestion », précise Thierry Mila. L'épicerie solidaire deviendra ainsi la quatrième activité de Maison d'accueil qui, outre le CHRS, assure aussi la prévention des expulsions de domicile (65 personnes suivies) et l'hébergement de femmes victimes de violences (18 places).

Dotée après la fusion d'un budget d'environ 1,7 M€, l'association fera passer de six à douze le nombre d'ETP affectés à l'épicerie afin d'opérer une montée en charge de son activité de banque alimentaire et d'épicerie ambulante. « Cela nous permettra d'avoir un plus grand rayon d'action avec des tournées sur l'ensemble du pays d'Arles », indique son directeur. Dans cette optique, elle devrait s'équiper d'un camion frigo en plus du camion de livraison qu'elle possède déjà. A terme, Maison d'accueil ambitionne également d'ouvrir une deuxième épicerie en plus de celle située quartier Trébon. « Nous venons de déménager dans la zone de Fourchon où il y a un bâtiment libre à côté de notre siège que j'aimerais récupérer. La première épicerie permettrait ainsi d'accueillir les bénéficiaires des quartiers Trébon, Monplaisir, ou des communes de Noves et Châteaurenard, la deuxième rayonnant sur le côté sud du pays d'Arles », conclut Thierry Mila.




Serge Payrau
Journaliste

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