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Ara Khatchadourian, le Marseillais de l'Everest

le - - Oxygène

Ara Khatchadourian, le Marseillais de l'Everest
D.R. - Le marseillais Ara Khatchadourian a gravi l'Everest il y a quelques semaines

Bijoutier de formation, le Marseillais Ara Khatchadourian a gravi l'Everest il y a quelques semaines. Retour sur une aventure faite de (beaucoup de) préparation et dépassement de soi.

Il est redescendu de l’Everest avec plein d’images en tête mais aussi avec les doigts des pieds gelés. Plus de trois mois après, le marseillais Ara Khatchadourian reste marqué dans sa chair par cette aventure hors norme, qui l’a conduit sur le toit du monde, un peu par hasard. « Je ne suis pas un montagnard et, à part à l’adolescence, j’ai vraiment commencé à faire du sport il y a une dizaine d’années » confie t-il avec un sourire qui illumine son visage. A 52 ans Ara Khatchadourian est rentré dans le cercle fermé des « summiters », ceux qui sont montés tout là-haut, à 8848 mètres. Il y est allé avec de l’oxygène, comme la plupart des alpinistes, mais cela n’enlève rien à l’exploit accompli.

Doigts de pieds gelés

22 mai 2016. Il foule, enfin*, le sommet. Si la montée n’était pas simple, la descente a été une épreuve douloureuse. « Nous nous sommes retrouvés à 6 dans une seule petite tente d’altitude à 8 300 mètres. J’avais les doigts gelés, je ne voyais plus que d’un seul œil et encore c’était flou, parce que j’avais enlevé mes lunettes. Mes pieds aussi semblaient gelés. On a passé une nuit comme ça, avec un Mexicain qui a littéralement pété les plombs », raconte Ara Khatchadourian, qui n’en mène pas large. A cette altitude l’état de santé se dégrade vite par manque d’oxygène et froid. C’est la zone de la mort. A cause de la glace, qui colle ses lacets, il ne peut défaire ses chaussures pour masser ses pieds et doit subir. « Il fallait attendre le jour et poursuivre la descente au plus vite ». 7 100 mètres. Puis 6 400 mètres… Voici enfin le camp de base avancé où il peut reprendre des forces et constater son mauvais état de santé : visage, mains et pieds gelés. « Aujourd’hui encore je suis soigné tous les jours, dans un caisson pour essayer de récupérer les extrémités de mes pieds » raconte-t-il. Les doigts restent sombres et boursoufflés.

Du marathon à l'Everest

Pas de regret chez cet homme chaleureux qui, depuis plusieurs années, relève les défis sportifs : course à pied, ultra trail, triathlon et alpinisme. Pour comprendre, il faut retourner au Liban, où cet Arménien est né il y a 52 ans. « A 9 ans, j’ai connu la guerre et j’ai quitté l’école à 16 ans. A 19 ans, je suis arrivé à Marseille. Je devais y rester 3 mois, j’y suis encore… » raconte t-il très simplement. A 24 ans il se met à son compte et ouvre une bijouterie, puis une deuxième quelques années plus tard. Le sport n’a pas de place dans sa vie, trop remplie par le travail.

C’est à 40 ans, lors d’un voyage au Liban, qu’il découvre la course à pied. A son retour en France, il lève le pied au travail pour enfiler, de plus en plus régulièrement ses baskets. Au sein du club Marseille Passion, il enchaîne les marathons, en moins de 4 heures, court les 160 km de la Diagolane des Fous, puis l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc, le tour du massif en courant). C’est à cette époque qu’il découvre la haute montagne en faisant l’ascension de ce dernier pour s’entraîner. Le virus du dépassement de soi est alors contracté. « C’est comme une drogue » avoue t-il. Il enchaînera ensuite avec le Mont Ararat, le Kilimandjaro, des sommets en Bolivie, puis le Pic Lenine et ses 7 134 mètres.

« Comme une blague »

Puis l’Everest… « C’est vrai que j’aime me fixer des challenges et mettre des limites assez hautes, mais cette aventure a commencé comme une blague ». C’est lors d’une discussion, pendant une soirée de la Jeunesse Arménienne de France, à Marseille, qu’une connaissance lui demande si son prochain sommet sera l’Everest. «  Mes parents n’ont jamais cru en moi. Quand quelqu’un croit en moi, je trouve cela extraordinaire. J’ai dit "pourquoi pas" et l’association m’a dit qu’elle me soutiendrait » se rappelle Ara Khatchadourian. Et il y va, lève les fonds, avec l’aide de mécènes et de la communauté arménienne. D’autant plus que son sommet, il veut le gravir en portant le drapeau de la communauté arménienne, dans le cadre des 100 ans du génocide.

« Etre porté par ce mouvement m’a donné du courage. Cela donne envie de se dépasser » reconnaît aujourd’hui ce sportif qui veut essayer de laisser une trace de son passage sur terre.

* Ara Khatchadourian était en train de gravir l’Everest il y a un an quand la région a été touchée par un grave tremblement de terre. Il avait fait demi-tour.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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