AccueilEconomieApplication Safer plage : « Ce n’est pas aux femmes d’avoir honte »

Application Safer plage : « Ce n’est pas aux femmes d’avoir honte »

La plage du Prado sud a expérimenté à Marseille l’application Safer plage, un dispositif imaginé par Marsatac contre le harcèlement et les violences sexuelles. L’élue Nathalie Tessier fait le point sur cette première nationale.
La plage de la Pointe Rouge, à Marseille, fera partie l’an prochain de la couverture Safer plage, mise en place par Nathalie Tessier, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes.
F. Ferreira Provence Tourisme - La plage de la Pointe Rouge, à Marseille, fera partie l’an prochain de la couverture Safer plage, mise en place par Nathalie Tessier, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Economie Publié le , Propos recueillis par Alexandra ZILBERMANN

Les Nouvelle Publications : Comment s’est passée la mise en œuvre de ce test grandeur nature sur la plage du Prado sud ?

Nathalie Tessier : Le festival Marsactac nous a proposé de tester cette application sur les plages de Marseille. Le festival a développé cette application en interne l’an dernier, pour lutter contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les milieux "festifs". Avec le maire de Marseille, nous n’avons pas hésité une seconde ! Mais n’oublions pas que la problématique de harcèlement concerne, selon un sondage YouGov, plus d’une femme sur trois, de 18 à 34 ans. La Ville a voulu prendre ses responsabilités et s’est donc engagée dans cette lutte, en adaptant à la plage le format innovant proposé par Safer.

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Nathalie Tessier, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes (Crédit : D. R)

Pourquoi avoir fait ce test uniquement au mois d’août et qu'à la plage du Prado sud ?

Il nous a fallu deux mois pour rendre possible ce test. J’ai appelé les associations féministes avec lesquelles je travaille et elles, à quelques jours de leurs vacances, ont toutes répondu présentes. Voilà pourquoi nous ne l’avons mis en place que durant le mois d’août. Parce qu’en plus de l’application, nous voulions proposer sur place toute une logistique d’accueil et d’information. Et si nous l’avons fait sur la plage du Prado sud, c’est parce qu’elle est surveillée par la police municipale.

Ce n’est pas le cas de toutes les plages ?

Non. Nous voulions aussi effectuer ce test aux Catalans et à Corbières, mais elles sont surveillées par la police nationale. Ce qui rendait un peu plus longue la coordination entre Safer, les associations et nos équipes.

Ce sera le cas l’an prochain ?

Bien sûr ! Nous espérons que nos treize plages marseillaises seront toutes concernées par cette protection et cette vigilance. Et cela, dès la mise en place de la surveillance des plages publiques.

Concrètement, comment ça se passe avec cette appli, quand une femme est confrontée à du harcèlement ?

Elle signale le harcèlement sur l’application. Il y a trois niveaux : importunée, harcelée et en danger. Dans tous les cas, on la rappelle tout de suite. L’équipe de surveillance de la plage la rejoint. La police aussi si besoin. Cette application d’alerte est intuitive et anonyme.

Combien de signalements ont été effectués en un mois sur la plage du Prado sud ?

Impossible de vous le dire. Ce chiffre reste confidentiel. Par contre, il y a eu 1 400 téléchargements. Ce que je considère comme un succès. Je me suis rendue plusieurs fois sur cette plage pour voir comment ça se passait, parler avec les jeunes filles, les jeunes garçons aussi. Je tenais à ce que les associations soient présentes deux jours par semaine sur la plage. Informer, c’est éduquer. Safer a été dissuasive je pense, d’autant que tout au long de la journée, les nageuses-sauveteuses rappelaient l’existence de Safer et la surveillance accrue de la plage. C’est important de rendre ce type d’action visible de tous, en prévention. Et surtout, ce n'est pas aux femmes d’avoir honte de subir du harcèlement, ou toute forme de violence.

Marseille a-t-elle été contactée par d’autres municipalités pour expérimenter Safer plage ?

Pas encore à ma connaissance. Marseille, à jamais les premières ! Nous sommes vraiment fières d’être une nouvelle fois une ville pionnière.

La municipalité de Marseille a fait appel à cinq associations féministes et de lutte pour les droits des femmes, pour encadrer le dispositif Safer plage. Il s’agit de Solidarité femmes 13, Femmes solidaires Marseille, Le Planning familial 13, Union des femmes du monde – Gams Sud et Osez le féminisme.
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