AccueilEconomieAlexandre Contencin : "Il faut que le chef d'entreprise se retrouve dans les arts numériques"

Digital art club Alexandre Contencin : "Il faut que le chef d'entreprise se retrouve dans les arts numériques"

Créé à Marseille en mai 2019, le Digital art club vient de rendre publique son premier lauréat, Guillaume Marmin, dont l'œuvre sera visible à la Friche puis à la fondation Vasarely. Les membres du club accompagneront durant un an l'artiste dans sa création et sa promotion. Son président, Alexandre Contencin, fondateur de Marsatwork, nous présente ce club innovant, dont les membres sont issus du monde économique régional.
Alexandre Contencin :
R. Poulain

Economie Publié le , par

Les Nouvelles Publications : Quelle est la genèse du Digital art club et son positionnement ?
Alexandre Contencin : J'ai créé le Digital art club il y a un an et demi. Ce club d'entreprises a pour vocation de soutenir les arts numériques, des arts encore méconnus en France. Je les ai découverts en tant que membre de Seconde nature, une association aixoise qui les soutient depuis une dizaine d'années. Avec le club, nous avons donc pour ambition d'être mécènes auprès de Seconde nature, mais aussi de Zinc, un centre de création des arts et des cultures numériques, installé à la Friche depuis 1998. Parmi nos membres fondateurs, nous comptons Mercure hôtels, David Pluskwa art contemporain, Kedge, Château de Calavon ou encore Delta assurances et Marsatwork bien sûr.

Comment définir les arts numériques ?
Ils sont encore confidentiels en France, car le marché de l'art reste un marché de la possession et c'est vrai que les arts numériques sont difficilement collectionnables. Ils prennent pour expression aussi bien la vidéo que la musique ou toute forme d'expression artistique. Ce qui définit les arts numériques réside dans le fait que leur processus créatif utilise la ressource digitale.

Quels sont vos arguments pour convaincre de nouveaux mécènes ?
La question de la défiscalisation culturelle est, je pense, intégrée par de nombreux chefs d'entreprise. Pour les convaincre de nous rejoindre, je leur parle de « raison d'être » et de politique RSE. Il faut que le chef d'entreprise, que la personne morale qu'il représente se retrouve dans les arts numériques, où l'engagement sociétal s'invite au cœur de la création. Cette année d'ailleurs, la première biennale internationale Chroniques, dédiée aux arts et cultures numériques dans le Sud de la France et lancée par Seconde nature et Zinc, a choisi pour thème « L'éternité comme prospective ». Un sujet qui fait sens et dont notre Crush du Digital art club est l'artiste Guillaume Marmin. D'ailleurs, afin de monter en puissance et en visibilité, et avec la biennale Chroniques 2022 en ligne de mire, le Digital art club se prépare à se constituer en fonds de dotation dans les deux prochaines années. Cela permettra encore d'augmenter son attractivité et ses levées de fonds pour le secteur des arts et cultures numériques. Nous visons d'ici la fin de l'année les 40 membres.

En quoi les arts numériques peuvent trouver une application dans l'entreprise ?
Nous avons encore assez peu de recul au club, puisque nous venons de vivre une année particulière. Mais je peux vous donner comme exemple celui d'un de nos membres, le promoteur Habside, qui a déjà utilisé dans ses projets immobiliers l'art numérique pour « habiller » un hall d'entrée. Nous en sommes au début mais pour résumer, je dirais que les arts numériques parlent d'innovation, avec une mise en œuvre souvent expérimentale. Il faut vivre une exposition d'arts numériques pour comprendre le propos. Je vous invite d'ailleurs à venir découvrir les artistes retenus pour la biennale jusqu'au 17 janvier à la Friche Belle de Mai, à Marseille. Notre lauréat sera quant à lui ensuite invité à la fondation Vasarely, à Aix.

A propos

Chroniques est une biennale internationale des imaginaires numériques, qui se déploie sur l'ensemble de la région Paca, à partir de l'aire métropolitaine Aix-Marseille. Elle fédère une centaine de partenaires culturels, artistiques, académiques, économiques et touristiques « pour donner à voir, à réfléchir et à inventer, de manière sensible, nos cultures dans un monde en régime numérique ». La biennale est portée par Seconde Nature et Zinc, deux pionniers des arts et cultures numériques en France.

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