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Confédération des petites et moyennes entreprises Alain Gargani : "Je souhaite que les entrepreneurs soient engagés en politique"

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Alain Gargani : "Je souhaite que les entrepreneurs soient engagés en politique"
F. Delmonte - Alain Gargani, président de la CPME Sud Paca et de la CPME 13.

A l'occasion des élections municipales, la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13) prépare un Livre bleu qui abordera l'ensemble des enjeux politiques actuels. Ce document, à destination des candidats et des futurs, sera dévoilé le 12 décembre lors du salon Entrepreneur 13 qui se tiendra au Palais du Pharo à Marseille. A la veille de cet événement dont l'ambition est de « briser les murs », son président Alain Gargani, également à la tête de la confédération au plan régional, se livre sur l'ensemble des sujets d'actualité.

Les Nouvelles Publications : Qu'est ce que le Livre bleu préparé par la CPME 13 en vue des prochaines élections municipales ?
Alain Gargani : Lors du salon Entrepreneur 13, le 12 décembre, on tiendra une session spéciale pour les maires où on dévoilera le contenu de ce Livre bleu. Il comprendra 20 à 30 propositions très concrètes. Par exemple, au niveau de la mairie, on souhaiterait créer une instance de gouvernance, à l'instar du Comité de gouvernance économique qui a été mis en place au niveau de la Métropole. Cela permettrait de porter une vraie ambition, de construire le développement économique ensemble. Cela manque au niveau des mairies car le monde économique, qui est souvent source d'emplois, est pourtant faiblement écouté.


Lire aussi : La CPME s'implique en vue des prochaines élections municipales


Le monde a complètement changé, aujourd'hui, on veut des résultats. Et on attend des élus une coopération opérationnelle. Que chacun dans son domaine agisse et que l'économie soit au centre de tout. Car on voit bien dans les villages que lorsqu'il n'y a plus d'économie, ils se paupérisent.

D'une manière plus générale, quel lien souhaitez-vous tisser entre les pouvoirs politique et économique ?
Je souhaite que les entrepreneurs soient engagés en politique pour y porter cette voix des petites et moyennes entreprises, pour la mêler à celles des politiques. C'est un peu le sens de la démarche du Grand débat territorial. On sent, maires y compris, qu'il y a une vraie attente de la population, et on a vu que le monde économique savait apporter cette dimension-là.

Le 5 décembre sera une journée d'action contre la réforme des retraites, qui n'épargne pas les Travailleurs non salariés (TNS) dont vous êtes une des organisations représentatives. Quel est votre état d'esprit à la veille de cette mobilisation ?
Nous ne serons pas forcément des acteurs de la mobilisation. Aujourd'hui, nous estimons que l'on est encore dans le temps de la discussion avec le gouvernement. Un gouvernement avec lequel il y a eu clairement des avancées pour les petites et moyennes entreprises : les seuils des condamnations aux Prud'hommes, la disparition du seuil des 20 salariés. Mais dans le même temps, le gouvernement a clairement cherché des réserves financières. Il a fait main basse sur des milliards d'euros de la formation, financés par les entreprises, qui vont davantage être redistribués aux demandeurs d'emploi. Deuxième hold-up, le RSI [Régime social des indépendants, NDLR] où plusieurs centaines de millions d'euros qui appartiennent aux TNS sont mis dans le pot commun. On est aussi en train de ponctionner des organismes de formation propres comme l'Agefice [Association de gestion et du financement des chefs d'entreprise, NDLR], qui avait des réserves financières, au profit d'organismes qui n'ont pas de réserves ou ont été mal gérés. C'est la même logique pour les retraites où on veut aller vers un régime global généralisé.

Mais il faut un constat : on a le régime général des salariés (Agirc-Arrco), qui est excédentaire de plusieurs milliards, les TNS qui ont des réserves - et notamment les avocats avec un prélèvement de 14 % -, et dans le public, où l'on recense 40 régimes spéciaux, le régime est en déficit de manière chronique. A La CPME, on propose un socle de 40 000 euros [c'est-à-dire un régime de base universel applicable à tous les actifs pour les 40 000 premiers euros de revenus annuels, NDLR], et qu'au-delà, les régimes conservent un peu d'autonomie. Aujourd'hui, le monde a changé, on a besoin d'équité, d'être respectés et il faut que chacun fasse des efforts. Mais je crains que la réforme ambitieuse voulue par le gouvernement rencontre de sacrés obstacles, le 5 décembre n'étant que le premier.

Le 12 décembre, à l'occasion du salon Entrepreneur 13* qui se tient au Palais du Pharo, vous voulez « briser les murs, construire des ponts ». Quels sont les buts recherchés ?
La CPME, c'est avant tout un méta réseau qui met en relation tout le monde, et à travers ces connexions, on grandit ensemble. Souvent, on est dans nos mondes et en silo. Nous, on a réussi à mailler l'institutionnel, l'entreprise et le politique. On a lancé notamment les Grandes Tables du monde économique où on a mis autour de la table la SGAR [Secrétaire générale pour les affaires régionales, NDLR], la Direccte, le Pôle emploi, la DGFIP [Direction générale des finances publiques, NDLR], l'Urssaf, les maires, les députés, les sénateurs et 300 entrepreneurs. On se parle et on résout 80 % des problèmes. On sauve ainsi tous les jours des vies d'entrepreneurs parce qu'on a réussi à créer ces ponts. Un coup de fil nous permet de négocier un étalement des paiements à l'Urssaf, un autre nous permet de rappeler la bienveillance que les institutions doivent avoir aujourd'hui envers les entrepreneurs… En un coup de fil, on peut aussi rappeler à l'ordre un entrepreneur qui n'a pas respecté ses engagements.

C'est dans cet état d'esprit que nous aurons le 12 décembre plus de 150 réseaux. 2 500 chefs d'entreprise sont attendus, et on annonce 100 personnalités dont trois ministres : Laurent Nuñez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. Ce sera un mélange entre des rencontres, un salon, 150 stands, et huit workshops où on va traiter des sujets aussi variés que « le leadership optimiste » ou « lever les freins au financement ».

* Les Nouvelles Publications est partenaire presse du salon.

L'intégralité de cette interview est à lire dans le numéro 10 081 des Nouvelles Publications (parution le 6/12/2019). Cliquez ici pour découvrir nos offres d'abonnement (à partir de 55€/an).



Serge Payrau
Journaliste

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