AccueilEconomieAlain Dousse : "Il y a de la pédagogie à faire sur le télétravail"

UPE 13 Aubagne-Gémenos-La Ciotat Alain Dousse : "Il y a de la pédagogie à faire sur le télétravail"

Président de l'UPE 13 Aubagne-Gémenos-La Ciotat, Alain Dousse a convié à Aubagne le 27 novembre dernier les chefs d'entreprise de ce secteur à un rendez-vous autour du thème : « L'écomobilité, c'est maintenant ». Il revient sur ces échanges.
Alain Dousse :
Xdr

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LNP : Quel était le but de cette manifestation ?
Alain Dousse : L'UPE 13 a organisé deux rencontres de ce type avec pour fil rouge l'environnement, celle d'Aubagne portant plus spécialement sur l‘écomobilité avec des intervenants de haut niveau*. Plus que d'aborder directement les solutions techniques qui peuvent fonctionner demain, et sans être dans la revendication, l'idée était plutôt d'ouvrir des pistes de réflexion et de s'interroger sur les mobilités du futur. Une approche plus centrée sur l'analyse avec cependant une présentation de l'Hyperloop, le train du futur, pour sortir du cadre convenu, et l'occasion surtout, d'ouvrir les chakras et de réfléchir à des perspectives plus lointaines.

Qu'en est-il alors principalement ressorti ?
A l'image de ce qui se passe aujourd'hui [grève du 5 décembre dernier, NDLR] où beaucoup ont choisi de télétravailler, ça circule plutôt bien, notamment au niveau de notre territoire, l'est de la métropole. Avec ses 7 à 8 zones d'activité, il souffre habituellement d'engorgements aux heures de pointe. Les échanges ont ainsi plus porté sur ce décryptage des transformations en ce qui concerne l'organisation du temps de travail, l'étalement des prises de poste, l'élargissement des amplitudes horaires… afin de moins favoriser les concentrations de flux. Il y a là encore de la pédagogie à faire, en particulier sur le télétravail que l'on croit réservé aux seules grandes entreprises, ce qui n'est pas forcément vrai ! Dans une entreprise de BTP comme la mienne, tout ce qu'il y a de plus traditionnelle, le technicien du bureau d'études s'organise pour travailler une journée par semaine chez lui. Ce qui fait à notre niveau 10 % en moins de déplacements. Si toutes les entreprises faisaient la même chose, cela résoudrait en partie et rapidement les phénomènes d'engorgement et les embouteillages à certaines heures. Il faut élargir la relation au travail. Car si on attend les réponses de nos responsables politiques, ça ne peut se faire que sur des temps très longs, à l'exemple de la gare souterraine prévue à Marseille St-Charles, pas avant l'horizon 2030/2050…

Et en attendant ?
Heureusement, des réflexions en cours avancent, comme les voies réservées aux bus sur autoroute dont il faut absolument se saisir. Il faut aussi favoriser le covoiturage et pour cela prévoir des parkings. A Aubagne, par exemple, il n'y a pas de parkings de dimension suffisante. Un BHNS** en site propre, avec un maillage de pistes cyclables, est également prévu pour 2022 entre la gare d'Aubagne et les zones des Paluds et de Gémenos. Enfin, à l'exemple de ce qui se fait dans les quartiers nord de la cité phocéenne sous l'impulsion de Cap au nord, des applications pour favoriser le covoiturage mais aussi le copiétonnage voient le jour. Un appel à projet de la métropole a d'ailleurs missionné pour cela une association ad hoc pour mettre en place ces nouvelles mobilités. Il est vrai que notre territoire d'Aubagne-Gémenos-La Ciotat, avec son nombre de zones d'activités, ses routes saturées et son panachage d'entreprises, grandes, moyennes et petites, est un parfait laboratoire pour expérimenter les nouvelles approches de déplacement et d'organisation du travail.

* Yannick Tondut, DGA mobilité Aix-Marseille Métropole, Manuel Chaufrein (fondateur Avairx), Julien Reau (directeur innovation France Transdev), François Geronimi (vice-président, président de la commission mobilité durable Athelia Entreprendre), Ghislain Delabie (mobility connector OuiShare).
** Bus à haut niveau de service

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