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Le galeriste David Pluskwa accueille à Marseille pour un mois l'artiste Katrin Fridriks. Une artiste au succès international qui se fait discrète, voire secrète sur sa façon de travailler, mais que nous avons eu le privilège de rencontrer. Une heure d'échange sans filtre, durant laquelle l'artiste s'est révélée très accessible.
Action painting avec Katrin Fridriks
Catalina Sour Vasquez - Katrin Fridriks présente une trentaine d'oeuvres inédites pour la première fois dans le sud de la France.

Oxygène Publié le ,

Ne cherchez pas des photos de Katrin Fridriks, ni d'interview filmée, encore moins de performance dans son atelier. Seuls un ou deux vagues clichés et un seul témoignage filmé sont visibles sur la toile.

« C'est comme pour un chef cuisinier, il n'aime pas qu'on le surprenne dans sa cuisine. Et bien pour moi, c'est pareil. Je ne veux pas qu'on voit comment je travaille et je ne suis pas assez mégalo pour exposer mon image. Ce sont mes peintures qui parlent pour moi ».

Pour autant, l'artiste islando-luxembourgeoise n'est pas avare d'explications, bien au contraire. Le contact est facile, le regard bienveillant. « La plupart de mes toiles sont le produit d'un seul jet de couleurs, mais ce geste me demande une très longue préparation. Je prépare mes mélanges dans des récipients, parfois réalisés sur mesure et je n'utilise que les couleurs primaires ». Elle parle même de « calculs entre le poids de la peinture et la distance du support », pour arriver au résultat attendu, une donnée caractéristique de l' « action painting ».

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Le galeriste David Pluskwa, son agent français, expose une trentaine de ses œuvres, certaines en noir et blanc, où les dégradés de gris remplacent alors le kaléidoscope que nous offre ses toiles multicolores. Quand on lui demande ce qu'elle fait des toiles qui ne lui plaisent pas, elle nous apprend qu'elle ne jette rien. « Un jour peut être je les réunirais en une seule toile ».

C'est plutôt fascinant de détailler sa peinture, d'imaginer l'ordre dans lequel l'artiste a placé au départ les couleurs, puis imaginé leur mariage, pour aboutir au geste ultime. « C'est assez physique comme technique. Mon corps tout entier accompagne le mouvement ». Nous voulons aussi connaître les artistes qui l'inspirent. Elle cite sans hésiter Gerhard Richter, Soulages et César. « Des artistes que j'admire parce qu'ils ont une approche très architecturale et organique de l'art contemporain ».

Le sens de l'œuvre​

Avec Katrin Fridriks, le message est aussi noir que ses œuvres sont solaires. Elle y parle aussi bien pollution que politique.

« Je travaille souvent avec les news américaines en fond, ou alors de la techno, de la house, du jazz. Mais c'est vrai que j'ai une véritable conscience citoyenne du monde. Ma série « America first » évoque le nez de Pinocchio et la folie qui s'est emparé des Etats-Unis depuis l'élection de Trump ».

Tout aussi sombre, la série « Oil-spill vs Bleached corals » fait référence à la disparition annoncée de la grande barrière de Corail en Australie.

Ce grand écart entre la forme et le fond la définit plutôt bien, elle qui est née en Islande, à mille lieux de l'effervescence luxembourgeoise où elle vit et de la jungle parisienne, où elle a posé son atelier. Katrin Fridriks a d'ailleurs commencé à libérer son énergie artistique sur les roches de son enfance. Mais elle a depuis abandonné le land art pour que son « intention » voyage aux quatre coins du monde. Après Beyrouth et avant d'exposer au Luxembourg, elle partage donc avec Marseille sa vision du monde et espère sans doute (re)éveiller les consciences des plus endormis…

« Supreme Goddesses », jusqu'au 27 octobre. Du mardi au samedi, de 14 h 30 à 19 h et sur rendez-vous.
Galerie David Pluskwa, Espace 53, rue Grignan, Marseille 6e.

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