Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

interview "A l'Urssaf Paca, nous ne voulons plus de procédure collective"

le - - Economie

"A l'Urssaf Paca, nous ne voulons plus de procédure collective"
S. Payrau - Dominique Clément, directeur de l'Urssaf Paca, et Philippe Korcia, président du conseil d'administration.

Chef d'entreprise, ancien président de l'UPE 13 Pays d'Aix, Philippe Korcia est depuis un an à la tête du conseil d'administration de l'Urssaf Paca. Sous l'égide de ce militant de la cause patronale et celle de Dominique Clément, son directeur, l'organisme paritaire régional a accéléré sa mue pour devenir « un acteur économique à part entière du territoire ».

Les Nouvelles Publications : L'Urssaf est d'abord connu pour être le collecteur des cotisations et contributions sociales. Quel volume de flux financiers cela représente-t-il dans la région ?
Philippe Korcia
: A peu près 27 Md€ par an, pour 600 000 comptes.
Dominique Clément : Ces 27 Md€ correspondent pour partie à des entreprises situées en Paca, mais pour partie aussi à des entreprises hors de la région qui ont un établissement chez nous. Par exemple, on draine toutes les cotisations d'Air France : en vertu du versement lieu unique, tout est centralisé chez nous. Mais l'inverse est également vrai, et nous avons des entreprises régionales qui ne cotisent pas chez nous, mais chez nos voisins. Huit Urssaf sur 22 en France ont cette capacité.

Au-delà de votre vocation traditionnelle, quel rôle jouez-vous auprès des entreprises ?
P. K. : Une entreprise a toujours besoin, à un moment de sa vie, d'une aide, car soit elle a perdu un marché, soit elle a eu un impayé… Elle peut avoir des problèmes, des demandes de délai de paiement. Et c'est là où l'Urssaf intervient, car il représente toujours un poids important. En effet, le paiement des charges sociales sur l'ensemble des collaborateurs représente plus de 20 % de la masse salariale. Donc on peut accompagner cette entreprise et l'aider à traverser cette période difficile. Et il faut le noter, sous l'impulsion de Dominique Clément, l'Urssaf Paca est prêt, suivant les entreprises, suivant les garanties, à aller jusqu'à trois ans de délai de paiement.

Pourquoi une telle politique volontariste en la matière ?
P. K. : A l'Urssaf Paca, nous ne voulons plus de procédure collective, nous ne voulons plus « aller traîner » les gens en justice. Nous ne sommes pas non plus des « chevaliers blancs » : il faut savoir qu'en redressement judiciaire, en liquidation, on ne récupère quasiment jamais rien. Tandis que si on essaye d'accompagner l'entreprise, on peut la sortir de ses difficultés et nous, ça nous permet de récupérer les dus. Et c'est important car je rappelle que le budget national de recouvrement de l'Urssaf, c'est 600 Md€.
D. C. : Derrière, cela permet de financer le système de protection sociale. Les centaines de milliards d'euros encaissées chaque année sont ainsi redistribuées instantanément, dans les heures qui suivent, au profit de chacune des branches.

C'est une évolution majeure de votre rôle…
D. C. : Vu notre poids financier et les capacités juridiques qu'on a d'accompagner les entreprises, on évolue vers un rôle d'acteur économique. Ça se traduit en chiffres : on a 220 M€ d'encours de paiement accordés aux entreprises de la région, dont 70 M€ à court terme sur de très petites entreprises. Et on fait du délai quasiment « à la carte ». Car en tant que directeur d'Urssaf, j'ai besoin d'avoir des entreprises qui marchent, qui font des bénéfices et qui embauchent. Alors lorsqu'une entreprise va en procédure collective, c'est l'échec, c'est qu'on n'a pas réussi, collectivement, à la sauver avant. Ce qui ne veut pas dire qu'« on rase gratis » : les cotisations qui sont dues, il faudra les payer un jour.
P. K. : On n'est plus les méchants qui sont là pour encaisser, contrôler, sanctionner : l'Urssaf est un acteur économique à part entière de notre territoire. Et on a besoin d'un cercle vertueux, il faut que ça tourne. Donc il ne faut pas avoir peur de pousser les portes de l'Urssaf : c'est le véritable message qu'on souhaite faire passer aux entreprises.

Ce soutien est-il sans limite ?
D. C. : C'est à nous de juger le cas échéant, avec les partenaires, si pour une entreprise, on est au bout du bout, si on a tout fait et qu'on ne peut plus rien faire. Il faut alors savoir arrêter sinon le risque, c'est que le directeur de l'Urssaf soit mis en examen pour « soutien abusif à l'entreprise ». Car le responsable légal, c'est le directeur.
P. K. : C'est là que ma formation de 14 ans au tribunal de commerce m'aide énormément pour savoir jusqu'où on peut aller, pour prendre du recul. C'est un vrai plus, d'autant que j'ai présidé des procédures collectives où on voyait énormément de gens assignés par l'Urssaf. Donc je sais ce qu'il faut faire.

La suite de cette interview est à lire dans le numéro 10035 des Nouvelles Publications (parution le 18/01/2019). Cliquez ici pour consulter nos offres d'abonnement.



Les Nouvelles PUBLICATIONS

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Nouvelles Publications Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer