Fermer la publicité

En grève, les avocats marseillais offrent des consultations

le - - Droit et Chiffre

En grève, les avocats marseillais offrent des consultations
K. Latour - Toute la matinée, les avocats se sont relayés pour donner des conseils gratuits.

Six semaines après avoir débuté leur mouvement de grève, les avocats marseillais sont toujours dans la rue contre la réforme des retraites. Avec cette fois, une initiative originale : des consultations gratuites pour montrer qu'à leur sens, ce sont les justiciables que la réforme pénaliserait.

« Il me faut un avocat en droit social... un avocat en droit social s'il vous plaît », crie une avocate à l'attention de ses confrères, ses mains autour de la bouche formant un haut-parleur. L'un d'eux se porte volontaire et vient s'assoir à l'une des dix tables installées pour l'occasion sur le parvis du Palais Monthyon à Marseille.

Vendredi dernier, dans le cadre de leur mouvement de grève contre la réforme des retraites, les avocats marseillais ont en effet proposé des consultations gratuites en extérieur, pour la deuxième fois en deux semaines. En ce jour de Saint-Valentin, ils ne sont donc pas là pour trouver leur moitié dans ce qui pourrait ressembler à un speed dating mais bien pour donner des conseils.

Accès au droit

Avant l'ouverture des consultations, une queue est déjà formée derrière des rubans de chantier rouge et blancs qui délimitent la zone. Sur les tables, des panneaux indiquent « droit social », « droit général » ou « droit des mineurs non accompagnés ». Lucien est arrivé à 8 h 45 « pour être dans les premiers à passer ». Lui vient chercher des renseignements pour une affaire familiale. « J'ai appelé hier pour obtenir un rendez-vous à la permanence juridique. On m'a dit que les avocats étaient en grève mais que, si j'étais disponible, je pouvais venir aujourd'hui. C'est bien car ça permet d'obtenir des renseignements gratuitement », raconte-t-il, une pochette violette à la main.

Il est reçu par Me Chantal Bourglan, avocate depuis 1983. Il sort feuilles de notes et stylos. L'entretien dure dix minutes. « Je repars satisfait car j'ai eu mes réponses ! ». « La réforme va justement empêcher cet accès au droit », note de son côté l'avocate, mobilisée depuis six semaines, avant de laisser sa place à un autre confrère.

Justice à deux vitesses

Les rendez-vous et les conseils s'enchaînent toute la matinée. « Vous prenez le risque que l'on vous accuse de concurrence déloyale », glisse une avocate à une femme venue consulter pour une affaire liée à son entreprise. Quant à Philippe, il est tombé sur le mouvement de grève par hasard, alors qu'il sortait d'une convocation au tribunal. « Je me suis arrêté pour que l'on me confirme, ou non, ce qui a été dit », raconte-t-il visiblement soulagé.


Lire aussi : Les avocats contre la réforme des retraites : « On nous déclare la guerre, il faut réagir »


Me Julia Sepulcre, avocate depuis 2013, vient de terminer une consultation avec un mineur. « Pour nous, c'est une façon de montrer que nous faisons surtout grève pour la défense du justiciable, et pas seulement de notre profession. Le projet va conduire à pénaliser les plus précaires. » Celle qui est vice-présidente de la commission mineurs non accompagnés l'affirme : « Si nous devons doubler nos cotisations, il faudra prioriser les dossiers et faire passer en premier ceux payants. Le risque est une justice à deux vitesses. »




Karen Latour
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Nouvelles Publications Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer