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21e Forum des entrepreneurs : la reprise, ça doit être maintenant !

A la veille du 21e Forum des entrepreneurs, ce vendredi 3 septembre à l’Orange Vélodrome, le président de l’UPE 13, Philippe Korcia, plaide pour la reprise de l’économie. Malgré le « tsunami » traversé, la confiance est de mise.
21e Forum des entrepreneurs : la reprise, ça doit être maintenant !
R. Poulain - Philippe Korcia, président de l'UPE 13.

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Un an après « se réinventer », l’engagement sera le fil rouge du 21Forum des entrepreneurs, qui se déroulera ce vendredi 3 septembre à l’Orange Vélodrome de Marseille. Pour le président de l’UPE 13, Philippe Korcia, le thème est plus que jamais d’actualité au lendemain du « tsunami économique » qu’a constitué la crise engendrée par l’épidémie de Covid-19. « Il faut essayer de s’engager afin d’éviter une fracture sociale. Il faut que les entreprises, qui vont se retrouver face à un mur de dettes, puissent créer de la valeur afin de maintenir l’emploi et le développement économique », plaide le patron des patrons du département.

Une crise que l’économie locale a plutôt bien traversée pour l’instant, comme en atteste la chute de 35 % du nombre de dépôts de bilan enregistrés l’année dernière dans les tribunaux de commerce du département. Mais aux yeux du président de l’UPE 13, la situation n’en demeure pas moins fragile. « C’est un faux-semblant. Les entreprises ont été aidées par le gouvernement via le Prêt garanti par l’Etat (PGE), le chômage partiel. La situation n’est pas mauvaise car elles se retrouvent avec une trésorerie importante puisque la plupart ont fait le choix de rembourser le PGE sur quatre ou cinq ans. Mais à partir du 30 septembre, le "quoi qu’il en coûte" est terminé », insiste Philippe Korcia.

Une perspective qui ne déplaît pas au président de l’UPE 13. « Nous, entrepreneurs, nous ne sommes pas là pour être aidés par l’Etat. L’an dernier, nous avons été mis devant le fait accompli, avec un confinement qui s’est imposé à nous. Maintenant, il faut que l’économie reparte, qu’on recrée de la richesse », résume-t-il.

Un territoire résilient

D’autant que le tissu économique local a su démontrer, selon lui, sa capacité de résilience. « Cette crise a apporté une indication forte sur la façon de gérer sa société. Il faut que dans l’entreprise, il y ait des capitaux propres importants, il faut que celles qui ont généré des bénéfices ne soient pas forcément dans l’idée d’en tirer profit mais de les laisser dans l’entreprise pour pouvoir rebondir. C’est ce qui s’est fait dans notre territoire où on a un tissu important d’entreprises familiales qui a su se montrer agile et a bien fait face à la crise », se félicite Philippe Korcia.

Pour autant, la situation sera plus compliquée dans les secteurs de la restauration, l’hôtellerie, le tourisme ou l’événementiel. Après avoir dû affronter les annulations de manifestations et les fermetures administratives imposées, ils ont également souffert de l’instauration du pass sanitaire au cœur de l’été. « Sur une centaine d’établissements, on est sur une baisse estimée de 20 à 25 % de chiffre d’affaires dans les 15 premiers jours de mise en œuvre du pass sanitaire. Une baisse qui est en train de s’estomper », signale le président de l’UPE 13.

Une inquiétude d’autant plus prégnante que dans ces domaines d’activité, « les Excédents bruts d’exploitation (EBE) ne permettront pas de rembourser les PGE sur cinq ans », d’où le besoin de rééchelonner les dettes sur une quinzaine d’années. Mais ces secteurs « vont continuer à être aidés », souligne Philippe Korcia, seule entorse au retour à la normale qu’il appelle de ses vœux.

Des tests pour les non-vaccinés ?

Quant à la perspective d’une hausse de l’absentéisme dans les entreprises en raison de la mise en place du pass sanitaire, elle n’effraie pas le patron des patrons du département, d’autant que pour l’heure, on ne l’observe pas sur le terrain. Et s’il est partisan du pass sanitaire, il estime qu’« on n’a pas à obliger les collaborateurs à être vaccinés ». « Cette crise a resserré les liens entre les différents intervenants. Donc on va trouver des solutions pour accompagner les salariés qui sont contre la vaccination. L’entreprise est une équipe et on ne lâche pas un joueur en cours de partie », promet-il.

C’est en ce sens qu’il a écrit aux différentes antennes de la Médecine du travail du département afin de pouvoir « tester ces personnes-là tous les trois-quatre jours pour qu’elles puissent continuer à travailler » dans l’optique de compenser la fin de la gratuité desdits tests, plaide celui qui était farouchement opposé à l’idée que la loi puisse autoriser le licenciement d’un salarié non vacciné comme cela avait été un temps envisagé.

Enfin, sur le plan national, le Medef souhaite que le plan de relance bénéficie aux TPE et PME, 85 % du tissu économique local (moins de 20 salariés), une préoccupation que le président de l’organisation patronale, Geoffroy Roux de Bézieux, va réitérer ce jeudi 2 septembre lors de son entrevue à l’hôtel Matignon avec le Premier ministre, Jean Castex.

Dans ce contexte, le Forum des entrepreneurs, qui sera l’occasion de mettre à l’honneur des entreprises locales et se penchera particulièrement sur l’économie, la santé et la jeunesse, se veut à la fois économique et politique. « Nous, nous ne sommes que force de propositions et nous devons faire un lobbying fort. Nous allons mettre en exergue que la croissance des entreprises bénéficie à tous car il n’y a pas d’entreprise sans salarié. L’entreprise, c’est un cercle vertueux », conclut-il.

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