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VIDEO « Si notre parole ne porte pas, nous ferons les recours nécessaires »

le - - Droit et Chiffre

Nouvelle journée de mobilisation pour les avocats du barreau de Marseille. Ils se sont réunis ce matin devant le palais de justice pour, de nouveau, dénoncer le projet de loi de programmation de la justice, porté par la ministre Nicole Belloubet. Et le ton se durcit.

Sur les marches du Palais Monthyon à Marseille, les avocats arrivent au compte-goutte et enfilent tour à tour la robe noire qu'ils tenaient sous le bras. Pourtant, ils ne s'apprêtent pas à livrer une plaidoirie. Pour cause, aucune audience n'est prévue aujourd'hui. Car ce jeudi 22 novembre, les avocats du barreau de Marseille organisent, en soutien à l'appel à la mobilisation de leurs instances nationales, une journée de « justice morte » pour dénoncer la loi de programmation de la justice, actuellement en débat à l'Assemblée nationale.

Et mieux vaut ne pas se fier aux sourires et accolades échangées, les avocats sont « en colère ». « Nous sommes en colère car le gouvernement ne respecte pas ses engagements et sous couvert d'un rapprochement avec le justiciable, l'éloigne », explique Yann Arnoux-Pollak, prochain bâtonnier de Marseille, faisant référence à l'amendement portant sur la territorialité. « Nous n'avons plus rien à dire. Tout a été dit », fustige de son côté Geneviève Maillet, bâtonnier du barreau de Marseille.


Lire aussi : Mobilisation des avocats : « Des mesures du projet de loi nous semblent dangereuses »


Des recours possibles

« La parole nous est retirée par des systèmes, des outils, des moyens qui nous ne pouvons pas accepter », lance-t-elle également depuis le parvis du palais de justice, dans un discours applaudi par ses confrères. « La justice est engorgée. Alors que faire ? Le moyen le plus adéquat est de donner de l'argent pour plus de magistrats, de greffiers, de personnels. Mais ce n'est pas le choix du gouvernement qui a préféré la solution de la numérisation », enchaîne Yann Arnoux-Pollak.

Cette grogne des avocats n'est pas nouvelle. Ils s'étaient déjà mobilisés à plusieurs reprises au printemps dernier contre ce même projet de loi. Depuis, même si quelques concessions ont été faite par le gouvernement, les revendications restent les mêmes. Alors, face à cette difficulté de faire entendre leur voix, depuis la rue ou les réseaux sociaux, les avocats envisagent d'utiliser la voie qu'ils connaissent le mieux : celle du droit. « Nous sommes des personnes de parole. Et cette parole, nous la tenons. Et, même si nous ne voudrions pas y être obligés, si elle ne porte pas, alors nous ferons les recours nécessaires », fait savoir Geneviève Maillet (voir vidéo en tête d'article).




Karen Latour
Journaliste

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