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Didier Bertrand, président de la Fnaim 13 « Nous sommes sur un marché immobilier mature et résilient »

Didier Bertrand, président de la Fnaim13, évoque un marché immobilier stable pour l'année 2020, l'apparition d'une nouvelle typologie d'acheteurs pour des résidences « semi-principales » et reste tout de même confiant pour l'année à venir.
« Nous sommes sur un marché immobilier mature et résilient »
R. Poulain - Le président de la Fnaim 13, Didier Bertrand, évoque l'état du marché immobilier dans le département et les tendances qui se dessinent.

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Les Nouvelles Publications : Selon les dernières données de la Fnaim, en 2020 dans le département les ventes ont baissé 6,7 % par rapport à l'année précédente (voir encadré). Que signifie ce chiffre ?
Didier Bertrand :
C'est plutôt un bon chiffre car les professionnels s'attendaient à une baisse des transactions de l'ordre de 20 à 25 %. Nous sommes revenus au niveau de 2017-2018.

Comment expliquer cette stabilisation du marché ?
Le marché de l'immobilier reste un secteur résilient, une vraie valeur refuge pour les Français. Bien sûr, la profession a connu une fermeture totale de 45 jours, comme tous les autres secteurs. Pour autant, même si nous ne pourrons jamais rattraper les pertes, nous avons connu au printemps dernier 800 000 ventes au niveau national et environ 100 000 transactions en septembre-octobre. Nous avons donc assisté à un décalage des ventes mais pas à l'attentisme prévu.

Doit-on s'attendre à une flambée des prix pour les maisons et appartements avec extérieur ?
La demande est forte mais comme nous sommes dans un marché dit d'obligation, il n'y aura pas de spéculation. Les acheteurs sont toujours très informés sur les prix et n'ont pas une enveloppe extensible. Avec une hausse de 1,8 % sur notre département, les prix restent donc stables, si l'on tient compte de l'inflation. Marseille, comme Dijon et Rouen, reste une grande capitale régionale où il vaut mieux acheter que louer. Par ailleurs, les ventes se faisant principalement via des professionnels, donc au prix du marché, nous restons sur un marché mâture, avec toutefois l'apparition de nouveaux acheteurs, pour des résidences « semi-principales ».

Que signifie ce concept ?
Je n'ai pas trouvé d'autres mots pour parler de ces familles qui se partagent désormais entre deux résidences. Avec le développement du télétravail, la résidence secondaire a trouvé une nouvelle fonction. Un certain nombre d'acquéreurs semble se diriger vers le lieu de résidence secondaire comme lieu principal, tout en gardant un bien plus petit.

Est-ce conjoncturel ?
Je ne le pense pas. Les entreprises ont accéléré leurs nouveaux modes de travail en temps partagé, entre domicile et bureau. Ces changements dus à la crise vont perdurer au-delà. Je parlerai donc d'un phénomène structurel, d'une évolution globale de la société. C'est en train de devenir une réalité que de vivre dans sa deuxième maison du jeudi au lundi matin, de se partager entre Paris et Marseille, ou Aix centre et sa maison de Lourmarin.

Ce n'est donc pas un phénomène uniquement visible en région parisienne ?
Exactement ! Nous avons des Aixois et des Marseillais qui achètent aux alentours, que ce soit à Auriol, Trets, Plan-de-Cuques, au nord d'Aix, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ou encore dans le Vaucluse. D'ailleurs, les chiffres de recherche d'information sur internet relatifs aux mots clé « maison » et « appartement » ont bougé. Désormais, le mot « maison » génère plus de 50 % de recherches supplémentaires, alors qu'avant la crise sanitaire, ces deux mots réunissaient à 50/ 50 les recherches des futurs acquéreurs. La maison est vraiment plébiscitée !

Où en sont les conditions bancaires pour les futurs acquéreurs ?
L'assouplissement des conditions d'accès au crédit immobilier pour les particuliers, annoncé récemment par le Haut conseil de stabilité financière, devrait permettre aux primo-accédants de faciliter leurs projets. En effet, depuis le début de l'année, les mensualités de crédit pourront représenter jusqu'à 35 %, au lieu de 33 %, des revenus de l'emprunteur. Leur durée maximale d'endettement pourra aller jusqu'à 27 ans pour un achat sur plan. Quant aux taux d'intérêt, ils restent bas, aux alentours des 1,20 %.

Vous vous montrez donc confiant pour l'année en cours ?
Nous aurons sans doute une baisse des ventes d'environ 10 % cette année, liée aux conditions économiques et sociales que nous vivons. Pour autant, nous n'assisterons ni à une hausse des prix, ni à une raréfaction de certains biens à vendre, car comme je vous l'ai dit, nous sommes sur un marché immobilier mature et résilient. Pour résumer, si je ne suis pas alarmiste pour notre secteur, il faut rester prudent. Avec une baisse des revenus pour certains, la perte d'emploi, le travail à temps partiel, nous aurons sans doute des acquéreurs prudents et des vendeurs dans un certain attentisme. Seule certitude à ce jour, les taux d'intérêt de l'emprunt resteront bas et la durée des crédits devrait se stabiliser sur une moyenne de 21 ans.

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