AccueilDroit et Chiffre« Les jeunes doivent pouvoir dire qu'ils sont fiers d'être commissaires aux comptes »

Jean-Pierre Patou, président de la CRCC d'Aix-Bastia « Les jeunes doivent pouvoir dire qu'ils sont fiers d'être commissaires aux comptes »

Jean-Pierre Patou a pris la suite de Farouk Boulbahri en tant que président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) d'Aix-Bastia. Dans un contexte de forte évolution et de mobilisation pour la profession dans le cadre de la crise, il entend se tourner vers la jeunesse.
« Les jeunes doivent pouvoir dire qu'ils sont fiers d'être commissaires aux comptes »
D.R. - Jean-Pierre Patou est le nouveau président de la CRCC Aix-Bastia.

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Les Nouvelles Publications : Sous quel signe allez-vous placer votre mandat en tant que président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) d'Aix-Bastia ?
Jean-Pierre Patou :
Parce qu'il est important de continuer à se projeter vers l'avenir, je le placerai sous celui de la jeunesse. Je veux que les plus jeunes, pour lesquels l'avenir peut apparaître aujourd'hui bien obscurci, puissent encore clamer dans quelques décennies qu'ils sont fiers d'être commissaires aux comptes. J'entends mettre en place l'organisation d'une mutation pérenne de la profession rendue inéluctable du fait du nombre de départs en retraite prévisibles d'ici les cinq à dix prochaines années. Il faut anticiper les transmissions. C'est pour cette raison que nous allons développer encore plus nos relations et échanges avec les jeunes. La CRCC d'Aix-Bastia entend jouer son rôle moteur pour préparer l'avenir et moderniser l'audit de demain, tout en proposant des formations adaptées et un soutien régulier aux consœurs et confrères qui ont mis leur confiance dans notre équipe.

Qu'est-ce que la crise change pour votre profession ?
Les crises agissent souvent comme des révélateurs. Celles que nous avons traversées, et que nous traversons encore, je veux parler à la fois des conséquences de la loi Pacte et de cette pandémie, ont démontré à quel point les professionnels du chiffre et du conseil, mais aussi les commissaires aux comptes, étaient des partenaires indispensables, proches, utiles et sollicités par les chefs d'entreprise : depuis le premier confinement, nous avons plus que jamais échangé avec nos clients. Dans cette période de crise et d'incertitude, les chefs d'entreprise sont preneurs d'informations pertinentes, et nous sommes restés à leur écoute, voire à leur chevet, dans le cadre de la prévention des difficultés des entreprises.

« L'interpro » est un mot à la mode. Et en même temps, les frontières évoluent entre les différents métiers du conseil, du chiffre et du droit. Comment garder l'identité du métier de commissaire aux comptes dans ce contexte ?
Notre profession est à la croisée des chemins. Il y a une urgence à transformer notre métier d'auditeur. La fin de la séparation de l'audit et du conseil ouvre aujourd'hui la porte à de nouveaux scandales financiers, l'actualité William Saurin [les comptes truqués de l'ancienne holding qui regroupait les marques William Saurin, Garbit, Madrange et Paul Prédault, avait échappé à la vigilance des cabinets chargés d'auditer et de certifier les comptes annuels, NDLR] est malheureusement la démonstration flagrante, et par conséquent fâcheuse à une perte de confiance à l'égard de notre profession. L'audit de demain doit être modernisé, pour être mieux perçu et compris par ces mêmes entreprises, par leur environnement et les parties prenantes, sans pour autant céder sur l'essentiel. C'est-à-dire son ADN : son indépendance vis-à-vis des entreprises auditées et au service de l'intérêt général ! Je pense que la profession doit notamment réfléchir à un label qu'elle pourrait accorder aux entreprises auditées. Ce serait un gage de confiance pour les partenaires financiers de ces entreprises et leurs interlocuteurs.

Quel rôle institutionnel entend jouer la CRCC Aix-Bastia ?
Dans le cadre de la mission d'intérêt général des commissaires aux comptes, il est essentiel que la profession soit encadrée de manière pragmatique et efficace, en accord avec la réalité quotidienne de l'activité des cabinets sur le terrain. La nouvelle équipe va s'employer à entretenir et intensifier un dialogue constructif avec le Haut Conseil du commissariat aux comptes. Le H3C est notre autorité nationale de régulation. Les prérogatives de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes lui ont été transférées. C'est désormais sur le terrain, aux « CRCC de proximité », de faire évoluer les textes régissant la profession, et de gagner en efficacité dans l'accomplissement des activités régaliennes, mais aussi dans l'organisation de la formation. C'est à nous de faire passer le message au H3C, que dans les régions, et en Paca et Corse notamment, la réalité de la profession est différente de celle de la Compagnie de Versailles qui comprend de nombreux « Bigs » !

Jean-Pierre Patou a débuté son parcours professionnel en 1980 comme auditeur-junior dans un cabinet nancéien spécialisé en commissariat aux comptes. Il entre en 1983 chez KPMG Fiduciaire de France à Nancy. Diplômé d'expertise comptable, il prend en charge en 1992 la direction du bureau de Montpellier, et en 1999 la direction du bureau du Var à Toulon. En janvier 2004, il crée Fidumed (Fiduciaire de la Méditerranée). Le cabinet est implanté en région Méditerranée avec son siège social à Toulon et un établissement secondaire sur Montpellier.
Il a été secrétaire de la CRCC d'Aix-Bastia de 2007 à 2011, puis vice-président délégué de 2011 à 2014 et de 2017 à 2020, en respectant les deux années de « viduité » en 2015-2016. Il est membre sortant (2019) du bureau national de la Fédération ECF (Experts-comptables et commissaires aux comptes de France).

Motard passionné, il est le président du BMW Moto Club France.

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