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« La fierté d'appartenance au territoire explique l'engagement des entreprises »

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« La fierté d'appartenance au territoire explique l'engagement des entreprises »
D.R. - Laurent Fialon est le directeur Méditerranée de Pro Bono Lab.

Avant le confinement et la crise du Covid-19, Pro Bono Lab a réalisé une étude sur les engagements des entreprises du territoire de la métropole Aix-Marseille Provence, avec l'aide de la Cress Paca et de la Fondation Crédit Coopératif. Laurent Fialon, le directeur Méditerranée de Pro Bono Lab, en explique les résultats.

Les Nouvelles Publications : Pour quelles raisons Pro Bono Lab a réalisé cette étude et que montre-t-elle ?
Laurent Fialon : L'observatoire du Pro Bono réalise régulièrement des études sur les engagements des acteurs économiques afin de comprendre quels sont les freins et les leviers de l'engagement. Trois ans après la création de notre antenne régionale, nous avons pensé que la période était propice à une telle étude. Je précise qu'elle a été réalisée avant le confinement sur une centaine d'entreprises de l'économie sociale et solidaire, mais aussi de l'économie dite traditionnelle, auprès de TPE et PME de la métropole mais aussi quelques grandes groupes et entreprises comme EDF.
Il en ressort que notre territoire est le creuset de nombreux engagements d'entreprises. Parmi les sondés, 70 % sont déjà engagés. Des engagements majoritairement tournés vers l'emploi. C'est le cas par exemple d'opérations de parrainage menées notamment par l'Apec Paca Corse ou la CCI Aix-Marseille-Provence.

Quelles sont les raisons de l'engagement des entreprises ?
C'est avant tout la fierté d'appartenance à un territoire et son ancrage local. Les entrepreneurs ne sont pas hors-sols. Ils appartiennent à un écosystème et ont tout intérêt à ce que celui-ci se porte bien s'ils veulent que leurs entreprises soient elles aussi être en bonne santé. Ainsi, on note que 75 % des entreprises qui s'engagent le font pour participer à l'essor du territoire. Une affirmation d'autant plus vraie en province qu'à Paris, où les mécanismes de l'engagement sont différents. Et puis il y a aussi la loi Pacte qui, en introduisant la raison d'être au sein des entreprises, remet en avant la question de leur engagement et de leur implication. L'entreprise redevient un acteur local important.

A l'inverse, quels en sont les freins ?
Le manque de temps reste clairement le principal frein évoqué. La difficulté de mobiliser des ressources financières vient ensuite. Le manque de capacité à mettre en œuvre de tels engagement est aussi cité. Comment me lancer ? Quelles sont les contraintes juridiques ? Ces questions bloquent souvent les entreprises ou citoyens qui ont envie de s'engager.

Ce sondage a été réalisé avant le confinement. Craignez-vous que la crise économique liée au Covid-19 change quelque chose ?
Le mécanisme de ces engagements est suffisamment fort pour qu'il perdure, surtout dans cette période où il y en aura besoin. Nous avons même l'intuition, grâce aux remontées de terrain, que la volonté de s'engager va s'en retrouver grandie. Par contre, pendant un certain temps, il risque d'y avoir moins de moyens en raison des contraintes économiques qui pèseront sur les entreprises. Mais si un territoire entend être résilient face à cette crise, il va devoir mettre en place les conditions de coopération et de partage de compétences entre les entreprises qui le composent.

Quels bénéfices une entreprise peut-elle tirer d'un engagement citoyen ?
Un engagement apporte du sens, notamment pour les collaborateurs et peut créer une dynamique positive au sein des équipes. Cela s'inscrit vraiment dans une logique de ressources humaines. Les salariés vont aussi revenir enrichis de leur expérience. Par ailleurs, une entreprise qui concrétise un engagement va renforcer son positionnement sur le territoire et en ressortira valorisée. C'est aussi un moyen intéressant de rencontrer d'autres acteurs locaux et dépasser des postures de clients, concurrents, fournisseurs, etc. Enfin une entreprise engagée localement va renforcer sa capacité d'analyse du territoire et de compréhension de ses besoins. Elle sera en capacité d'imaginer de nouveaux services ou produits. Bref, on est là dans une dynamique de fertilisation croisée du territoire et de ses acteurs économiques.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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