Fermer la publicité

Farouk Boulbahri, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes d'Aix-Bastia « Il faut que les entrepreneurs préparent un plan pour tenir jusqu'à septembre »

le - - Droit et Chiffre

« Il faut que les entrepreneurs préparent un plan pour tenir jusqu'à septembre »
R. Poulain - Farouk Boulbahri, le président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes d'Aix-Bastia.

Farouk Boulbahri, le président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes d'Aix-Bastia apporte quelques conseils aux chefs d'entreprises afin d'éviter les défaillances en cette période de crise sanitaire et de ralentissement de l'économie.

Les Nouvelles Publications : en tant que commissaire aux comptes, vous êtes en contact avec les entrepreneurs. Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
Farouk Boulbahri : Je suis confronté au stress de mes clients, les chefs d'entreprises, mais aussi à celui de mes collaborateurs. La période est inédite et incertaine… Je leur dis qu'il faut donc adapter sa gestion quotidienne à ce stress, en prenant en compte les fermetures de sites et de la mise en place du télétravail qui devient nécessaire. Cela aussi est facteur de préoccupations, avec des habitudes de travail qui changent, un isolement qui peut générer une déconnexion avec ses salariés. Le changement fait toujours peur, alors transformons-le en quelque chose d'efficace pour l'entreprise en inventant les organisations de travail de demain. Et finalement dans ce contexte, tout le monde va être amené à beaucoup plus travailler pour faire face à l'urgence et gérer le quotidien. On n'a plus le temps de se poser de réfléchir, ou même de se reposer dans la journée. Il n'y a plus de temps mort… Il est important pour un chef d'entreprise de garder son sang-froid et de continuer à faire face, pour gérer son entreprise.

Quels conseils pouvez-vous leur apporter en ce moment ?
Un conseil qui pourrait sembler basique : faire un point quotidien sur sa trésorerie, c'est-à-dire prioriser les achats, relancer les règlements… Il faut gérer le quotidien pour pouvoir se projeter sereinement dans un futur à au moins 15 jours afin de déterminer s'il y a besoin de prendre des mesures. L'objectif en cette période est de préserver l'existant tout en étant au fait des mesures d'accompagnement par les pouvoirs publics, et enfin communiquer avec son banquier, son commissaire aux comptes et tous les conseils de son entreprise pour une réactivité maximum. Car dans le mille-feuille des mesures, il faut décrypter le langage technocratique.


Lire aussi : Lionel Canesi : « Il faut tout faire pour sauver les entreprises »


Et concernant les mesures mises en place par le gouvernement et qui évoluent ?
Je leur dirai de toutes les prendre afin d'anticiper les difficultés, de préserver leur exploitation future. L'objectif est d'éviter les défaillances d'entreprises pendant cette période de confinement, puis celle qui s'en suivra avant la reprise de l'activité. Le temps que l'économie reparte, on va tomber dans la période estivale. A voir ce qu'il s'y passera à ce moment. On parle là d'une période qui correspondra à 25% de leur chiffre d'affaires. Il faut donc que les entrepreneurs préparent un plan pour tenir jusqu'à septembre.

Comment tenir ?
En mettant en place une gestion en bon père de famille avec priorité aux salariés et en utilisant les mesures d'urgence de l'Etat. C'est-à-dire suspendre pendant six mois ses emprunts, le paiement ses cotisations sociales et surtout utiliser le canal d'entrée pour ces mesures avec l'aide de la CCI Aix-Marseille Provence. A la demande de la préfecture, c'est elle qui va collecter les demandes des entreprises en étant le guichet unique. Plusieurs acteurs économiques se sont mobilisés autour de la CCI AMP. C'est la première fois qu'il y a un tel jeu collectif. Tous les représentants du monde économique sont présents et pragmatiques afin de sauver le plus d'entreprises possible et préserver la sérénité économique de la région.

Risque-t-il d'y avoir des défaillances importantes ?
Notre objectif est de veiller sur les entreprises afin qu'il n'y en ait pas pendant cette période de confinement. C'est pour cette raison que le Conseil régional des commissaires aux comptes a appelé l'ensemble des présidents de tribunaux de commerce de la région et de Corse. Nous leur avons demandé de faire remonter les informations sur les entreprises en difficultés qui viennent frapper à leur porte. La demande que j'avais faite dès le 16 mars à la ministre de la Justice pour une prorogation jusqu'au 30 septembre pour tenir ses assemblées générales et le dépôt des comptes à été entendue et va permettre à la profession de se concentrer sur l'accompagnement des entreprises pour en éviter les défaillances. Il faut aussi penser aux entreprises qui souffraient avant cette crise et se trouvaient en redressement judiciaire ou en plan de continuation. Pour cela nous avons aussi demandé au ministère de la Justice et aux tribunaux de commerce un moratoire afin de suspendre les plans de continuation et leur donner une bouffée d'oxygène.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Nouvelles Publications Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer