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« Epidemic Protect permet, en quelques questions, de voir si on est porteur du coronavirus »

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« Epidemic Protect permet, en quelques questions, de voir si on est porteur du coronavirus »
K. Latour - Si l'application d'Epidemic Protect n'a pas encore été avalisée, le test est disponible via le site internet.

Début mars, Me Jean-François Masse, avocat au barreau d'Aix-en-Provence, a initié l'application Epidemic Protect qui permet, en répondant à quelques questions simples, d'évaluer si on risque d'être porteur du coronavirus. En attendant que l'application soit avalisée par un service de santé de l'Etat, il est possible de faire un test via le site internet.

Les Nouvelles Publications. : Comment est née l'idée d'Epidemic Protect ?
Me Jean-François Masse :
Le 15 février, j'ai attrapé une très grosse grippe. Ne sachant pas si j'étais porteur ou non du coronavirus, je me suis automatiquement placé en quarantaine et j'ai gambergé « version hypocondriaque ». Je vous rassure c'était la grippe, mais ça faisait déjà deux mois qu'on parlait du coronavirus.
La Corée a développé une application grand public indiquant les zones contaminées à éviter et elle s'en sort avec un niveau de décès extrêmement bas, et donc avec l'impact sociétal et économique qui va avec. Ça bouge à Singapour qui prend des résolutions suivies de confinement ciblé. Ayant été victimes du SRAS, ils ont appris les bonnes pratiques. Et je ne comprends pas qu'il ne se passe rien chez nous en termes de mouvement politique, d'organisation durant cette période. Je me dis : « On va prendre Armageddon ». L'idée me vient alors de développer une application comme celle de la Corée.

Vous êtes avocat de profession. Comment avez-vous pu initier cette application ?
Je propose mon idée à Jean-Marc Durand, président de Kalya Santé, à Montpellier, spécialisée dans l'intelligence artificielle dédiée à la santé. Deux heures plus tard, il met à ma disposition des développeurs. Je la présente ensuite à Arnaud Depil-Duval, médecin urgentiste, qui voit l'intérêt d'un diagnostic à destination du grand public pour chasser l'angoisse et l'anxiété. Quant à Kevin Polizzi, fondateur de Jaguar Network, il me donne ses serveurs ultra-puissants et certifiés données médicales. Dix jours et dix nuits plus tard, l'application est construite. Nous la testons durant 48 h avec des retours fantastiques.

Pour autant, l'application n'est toujours pas disponible pour le public ?
L'avantage d'Epidemic Protect est qu'elle permet, en seulement quelques questions, un pré-diagnostic et un diagnostic, et donc soit de lever l'angoisse s'il n'y a pas de risque, soit d'être mis en relation avec un médecin en téléconsultation s'il y a suspicion, avant d'appeler le 15. Le problème, c'est qu'elle est juridiquement considérée comme un dispositif médical. Il faut donc être avalisé par un service de santé de l'État (ministère, préfecture, etc.) et présenter un sauf-conduit pour qu'elle soit accessible sur les plateformes Apple ou Google… qui ont refusé de l'enregistrer.
Voilà dix jours que j'essaie de la faire avaliser. J'ai essayé de contacter la délégation des Bouches-du-Rhône de l'Agence régionale de santé, j'ai envoyé beaucoup de mails, sans résultat.
Pourtant, nous avons conçu un outil qui fonctionne, qui est citoyen et utile, qui a coûté quelques dizaines de milliers d'euros de développement et qui est mis gratuitement à disposition. Nous avons même préparé une version 2 qui serait réservée aux services de santé. Nous sommes dans l'urgence, cette application est disponible et pourrait permettre d'aider. Nous la donnons, nous ne prenons aucune info si ce n'est le code postal et l'âge du déclarant et proposons simplement de faire le test qui va dire s'il y a risque ou non. Et donc, de désengorger le 15 par des appels inutiles.




Martine Debette
Journaliste

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