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Nicolas Magenties, directeur régional Paca de Bpifrance « 80 % des entreprises vont passer la crise et en sortiront grandies »

le - - Finance

« 80 % des entreprises vont passer la crise et en sortiront grandies »
R. Poulain - Nicolas Magenties est le nouveau directeur régional Paca de Bpifrance.

Le nouveau directeur régional Paca de Bpifrance, Nicolas Magenties, est arrivé à Marseille en pleine crise sanitaire. Pas de quoi déstabiliser ce trentenaire habitué aux situations de crise. Il faut dire qu'en ces temps difficiles, le rôle de soutien de l'économie de la banque publique est plus que jamais d'actualité. Avec un slogan phare : ne jamais céder quand on peut s'aider.

LNP : Le départ de Pierre Villefranque et votre nomination arrivent à un moment crucial, en pleine crise sanitaire. Comment avez-vous rassuré vos équipes ?
Nicolas Magenties : Je remplace Pierre Villefranque à la tête de la délégation régionale Paca de Bpifrance depuis son départ à la retraite. Je suis entré dans le groupe (Oseo à l'époque) en tant que stagiaire en 2009 à Toulouse. Depuis 2016, j'étais délégué territorial Ille-et-Vilaine - Côte d'Armor. Lorsque j'ai eu l'opportunité de revenir dans le Sud, en tant que directeur régional, je n'ai pas hésité. A 34 ans, j'arrive ici dans un contexte économique tendu mais qui était déjà le même en Bretagne avec des entreprises face à une situation inédite, aussi brutale qu'inattendue.
Chez Bpifrance, nous sommes fiers de pouvoir être le bras armé de l'Etat pour faire face aux situations critiques, à l'instar de ce que nous avions fait lors de la précédente crise financière de 2008. Notre rôle en ces temps difficiles est primordial. En tant que banque publique, nous épaulons les banquiers dans leur activité de soutien à l'économie ainsi que les entrepreneurs de toutes tailles grâce à nos différents produits et notre continuum de financement.
De par mon expérience passée, à Toulouse, j'ai déjà travaillé avec Véronique Védrine, la directrice du réseau Sud de Bpifrance. Et en tant que manager, j'ai pu échanger par le passé avec les autres managers de la région Paca, et comme nous sommes une banque à taille humaine, nous nous connaissons globalement tous.
Enfin, comme je sais depuis janvier que j'allais intégrer la direction régionale de Marseille, nous avons pris le temps de me présenter en amont et de faire une transition avec Pierre Villefranque. De quoi rassurer les équipes.

Allez-vous procéder à des changements majeurs au sein de la délégation régionale pour faire face aux nombreux défis qui vous attendent ?
Le fonctionnement reste le même avec une direction régionale basée à Marseille et deux antennes, au plus près des entrepreneurs, à Avignon et à Nice. A noter, deux changements de poste récents. Céline Colson, qui était responsable de la délégation Financements garantie à Marseille, prend en charge la gestion Court terme du réseau Sud. Elle est remplacée, dans son précédent poste, par Benjamin Savéan qui vient de Paris. A noter aussi que, suite au départ pour Caen de Stéphane Lo Piccolo (devenu directeur régional), la délégation territoriale d'Avignon est désormais entre les mains d'Adeline Clément qui était auparavant à Nice.
Les équipes de la Direction régionale Paca comptent ainsi environ 60 personnes sur les trois sites.

Quels sont les métiers historiques de Bpifrance ?
Bpifrance est issue de la fusion d'Oseo et des activités entreprise de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Nous avons trois métiers historiques. Tout d'abord, le financement des entreprises qui ont plus de trois ans d'existence via les ressources propres de Bpifrance. Nous nous intéressons notamment à la transition écologique, au tourisme, à l'immobilier, à l'industrie, aux financements matériels via des prêts traditionnels ou une gamme de crédits sans garantie permettant de financer les investissements immatériels. Une partie de notre activité consiste également à mobiliser des factures sur des donneurs d'ordre publics et privés afin de sécuriser la trésorerie de nos entreprises. Nous apportons également des garanties aux banques pour financer les entreprises. Depuis la phase de création d'entreprise jusqu'à la transmission. Enfin, nous soutenons les entreprises innovantes en finançant leurs dépenses de recherche et développement, que ce soit dans l'innovation de process ou l'innovation de produit de la création à l'industrialisation En outre, nous menons une action très forte et volontariste à l'international via tous les métiers de Bpifrance historiques, ainsi que les nouveaux métiers de Bpifrance Assurance Export (ex-Coface DGP)

Investissez-vous aussi directement dans des entreprises ? Si oui, de quelle manière ?
Oui, et de deux manières différentes. Nous entrons dans le capital de structures, en direct et en co-investissement. Nous sommes la banque du « co » puisque nous intervenons aux côtés des banques classiques en financement, nous le faisons également en tant qu'investisseur ! Nous sommes également présents au capital de sociétés de capital-risque ou fonds d'investissement régionaux. L'objet de tout cela est d'accompagner les entreprises de notre territoire afin de les aider à grandir et leur permettre de disposer de fondamentaux financiers sains pour continuer à se développer.

Où en êtes-vous, dans la région, en matière d'accélérateur ?
Il s'agit cette fois-ci de notre métier de conseil-accompagnement. Avec une idée phare : permettre aux chefs d'entreprise de lever la tête du guidon. Au départ, il s'agissait de modules réalisés par des consultants externes. Face au succès rencontré, Bpifrance a décidé de lancer des programmes accélérateurs proposant des missions en entreprises, des cours universitaires (pour les dirigeants et leurs principaux managers) et des mises en relation avec des grands comptes pour partager des expériences.
Aujourd'hui, les outils sont nombreux, qu'ils soient destinés aux start-up, PME, ETI ou pour des entreprises d'une région ou d'un secteur spécifique. La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la première à avoir expérimenté en 2016 un partenariat avec Bpifrance dans le cadre du programme accélérateur en déclinant celui-ci au niveau régional avec une dizaine d'entreprises de la région.
Enfin, nous avons lancé il y a 18 mois avec la métropole Aix-Marseille Provence un programme d'accompagnement sur mesure grâce à un nouvel accélérateur. Ce dernier est destiné aux entreprises qui réalisent entre 1,5 M€ et 5 M€ de chiffre d'affaires. Notre objectif est de repérer des entreprises en phase de stagnation après une période de belle croissance. Et de leur permettre d'atteindre et de maîtriser une croissance à deux chiffres.
Vous l'avez compris, nous proposons une panoplie d'instruments pour aider les entreprises. Elles doivent nous contacter et nous trouverons la meilleure réponse possible.

Et vous, comment touchez-vous les entreprises ?
La marque Bpifrance a su se faire une place au niveau national et dans les régions. Nos chargés d'affaires ont étoffé, au fil des années, notre développement. Les banquiers et les acteurs du conseil parlent également de nous à leurs clients. Tout comme la Région et les autres services de l'Etat. Ceux qui n'ont pas eu l'opportunité d'être contactés peuvent nous solliciter via notre plate-forme digitale.

Face à la crise vous avez également communiqué via la publicité. Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises ?
Aujourd'hui, plus que jamais, il faut être optimiste, s'entraider, se donner de bons tuyaux. Tous ces sujets-là doivent entrer dans l'entreprise. On est tous ensemble dans le même bateau et nous allons nous aider. Il faut y aller, nous allons y arriver. Tel est le sens de la campagne « Ne jamais céder, quand on peut s'aider » avec un message positif et dynamique.
Une majorité d'entreprises traversent plutôt pas si mal la crise. Mais une minorité souffre énormément et on l'entend. Il s'agit notamment des acteurs du tourisme, de la restauration, de l'événementiel…

Quels ont été les outils déployés par Bpifrance pour les aider à passer ces mois difficiles ?
Avant la mise en place du Prêt garanti par l'Etat (PGE), nous avons lancé le prêt Atout. Ce dernier est conçu pour renforcer la trésorerie des entreprises afin de leur permettre, dans un contexte conjoncturel exceptionnel, de résoudre leurs tensions de trésorerie passagères (et non structurelles), dans l'attente d'un retour à des conditions normales d'exploitation. Parmi nos autres outils liés à la crise, il convient de citer le PGE Innovation pour accompagner les entreprises innovantes, le prêt Rebond avec la Région Paca qui a connu un franc succès, sans oublier notre soutien à la R&D et à l'international car tout ne s'est pas arrêté avec la Covid-19, au contraire.
Notre activité internationale, alors même que les frontières sont restées fermées une grande partie de l'année, est dans le vert.

Comment envisagez-vous les prochains mois pour les entreprises ?
Après une première phase d'incompréhension totale - « qu'est-ce qui nous arrive ? », « c'est quoi le PGE ? », « y ai-je droit ? », « où souscrire ? » -, nous avons assisté à une deuxième phase durant laquelle les banques ont financé les entreprises et, une fois le déconfinement d'actualité, des projets ont été réactivés. Nous avons accompagné des projets, certains investissements - notamment en matière de digitalisation - ont été accélérés. Selon moi, 80 % des entreprises vont passer la crise et en sortiront - à terme - grandies.
La troisième phase sera donc celle de la relance, si le déconfinement est réel et permanent. Et si l'endettement des entreprises parvient à bien être géré.




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