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Le Club Ethic €co au révélateur des consciences

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Le Club Ethic €co au révélateur des consciences
JC. BARLA - : De g. à dr., Jean-Philippe Agresti, vice-président d'AMU, Mireille Provansal, présidente de la Cimade du Pays d'Aix, Lionel Canesi, président du Croec Marseille Paca, Christian Apothéloz, l'animateur, Mohamed Laqhila, député des Bouches-du-Rhône, et Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Mill

Pour son dernier rendez-vous de 2017, le Club Ethic €co a choisi le lieu de mémoire du Camp des Milles à Aix-en-Provence. Au menu, « Ethique et responsabilité » dans un monde où le quotidien offre à chacun une opportunité de poser un ou des actes de « Justes ».

En ouvrant le débat ce 27 novembre sur la thématique « Ethique et responsabilité », Alain Chouraqui, président fondateur de la Fondation du Camp des Milles à Aix, rappelle à l'assistance que ce lieu témoigne « des capacités fondamentales et récurrentes de l'homme à aller vers le pire et, en même temps, d'affirmer des capacités de résistance pour proposer le bien ». Et si le site évoque la Deuxième Guerre mondiale, ce double visage de l'être humain traverse malheureusement les époques, laissant derrière lui une triste litanie de « mémoires douloureuses ». « Les extrémismes identitaires nourrissent les engrenages de l'histoire, poursuit Alain Chouraqui. Lorsqu'ils dominent le débat public, le danger est grand de passer de eux et nous à eux contre nous. »

Interroger soi et la société

Les participants ont évidemment mis en avant la question des migrants. Mireille Provansal, présidente de la Cimade* du Pays d'Aix, s'est ainsi indignée du regroupement de familles avec enfants en bas âge dans des centres de rétention dans l'attente de l'examen de leur dossier de demande d'asile. Elle a fustigé aussi l'obligation qui leur est faite d'acquitter 400 à 600 euros de taxe pour un titre légal de séjour. Une avocate s'est élevée contre les condamnations en justice d'individus qui secourent des migrants. « Il ne peut y avoir de délit quand on tend la main », résume-t-elle.

D'autres intervenants ont cependant démontré que les notions d'éthique et de responsabilité interrogent quotidiennement la société et nos comportements. Pour le président du Conseil régional de l'ordre des experts-comptables (Croec) Marseille Paca, Lionel Canesi, « l'éthique est dans l'ADN de l'expert-comptable. Sa responsabilité, c'est de s'interroger sur les conséquences de ses actes. » Il cite à titre d'exemple la procédure d'alerte, éthique dans son fondement, mais qui, enclenchée, peut s'avérer lourde de répercussions pour l'entreprise et ses emplois. Dirigeante de Genes'Ink, Corinne Versini pointe l'éthique et la responsabilité des scientifiques face aux « scandales publics » du glyphosate ou des produits de Monsanto. Président honoraire du Croec et fondateur du Club Ethic €co, désormais député de La République en marche, Mohamed Laqhila évoque celle des gouvernements, quand les morts s'accumulent en Syrie, que la vente d'hommes, de femmes et d'enfants se propage en Libye… « Comment ne pas se demander si nous n'avons pas une part de responsabilité dans ces drames ? », soulève-t-il. Quant à Jean Avier, président de la Compagnie nationale des experts-comptables de justice, il se demande s'il reste encore « une place à l'éthique dans une société qui donne la primeur à l'argent ».

Pédagogie citoyenne

Au fil des échanges, deux éléments clés se dégagent pour tenter d'édifier une société plus éthique et plus responsable demain, et des citoyens plus attentifs à la portée de leurs actes. D'abord, l'éducation. Le Camp des Milles reçoit des milliers d'élèves, dès le CM2. Alain Chouraqui ne le cache pas : certains abordent la visite avec réticence et préjugés. Expliquer les risques des engrenages de la terreur par le biais de « l'effet de groupe » démontre fréquemment son efficacité auprès de jeunes, qu'ils en soient vecteurs ou victimes, dans leur bande ou leur quartier. La Cimade, de son côté, invite des migrants à s'exprimer dans des classes sur leur parcours jusqu'en France et leurs attentes.

Le rôle de l'individu se révèle également majeur. C'est lui qui se lève, se soumet ou laisse faire. En se désolant du « recul de la culture historique » chez les étudiants, Jean-Philippe Agresti, doyen de la faculté de droit et de science politique et vice-président d'Aix-Marseille Université, note que, dans un contrat social, il faut être en capacité de résister lorsque pèse une menace sur ce qui nous engage et a été mis en commun. « La responsabilité est liée à la liberté, conclut Alain Chouraqui. Pendant la guerre, les Justes n'étaient pas des Saints aux actes héroïques, comme on le pense souvent. Ils ont posé simplement des actes justes pour réagir et résister à leur manière. Quand la petite voix de la conscience morale s'exprime, il faut l'écouter. »

* A l'origine, Comité inter-mouvements auprès des évacués, la Cimade a été fondée en 1939 pour venir en aide aux populations évacuées d'Alsace-Lorraine. Elle a ensuite adapté son action aux enjeux de chaque époque.




Jean-Christophe BARL
Journaliste

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