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Lavandière de Provence : l'incroyable défi de Maître Jeanette Borgström

le 03 mars 2017 - Serge PAYRAU - Entreprendre

Lavandière de Provence : l'incroyable défi de Maître Jeanette Borgström
S. Payrau - Jeanette Borgström a mis de côté une prometteuse carrière d'avocate d'affaires pour se lancer dans l'entrepreneuriat.

Des produits cosmétiques imaginés à partir du savoir-faire provençal, mais adaptés et packagés pour séduire une clientèle étrangère attirée par le luxe : c'est le pari dans lequel s'est lancée Lavandière de Provence, une entreprise installée dans le 12e arrondissement de Marseille. Une success-story menée de main de Maître par la jeune Suédoise Jeanette Borgström, ancienne avocate d'affaires.

Quelle mouche l’a piquée ? C’est la question qu’on pourrait se poser au regard du parcours peu commun de la Suédoise Jeanette Borgström. Car avant de débarquer en Provence il y a dix-huit mois, à l’été 2015, pour y créer une entreprise de cosmétiques, la jeune femme avait déjà réalisé son vœu professionnel le plus cher : devenir avocate. « A 12 ans, j’ai fait un premier stage à Stockholm dans un cabinet d’avocats. Depuis, c’était mon rêve », se souvient-elle. Elle le réalise en décrochant son « Master of Law » dans son pays natal. Et une fois diplômée, elle devient avocate associée dans l’un des plus importants cabinets spécialisés en droit des affaires de Stockholm, la capitale suédoise.

Loin d’être rassasiée par cette réussite, la jeune femme est élue présidente d’une jeune chambre économique à Uppsala, une ville universitaire située à 70 km de là. « Pour devenir avocate, j’ai étudié le droit, mais j’ai toujours su que le business, c’était important. J’ai toujours été en contact avec les entreprises et elles m’ont aussi beaucoup inspirée », explique-t-elle.

Car à ses yeux, « pour être une bonne avocate d’affaires, il faut connaître les lois mais aussi le "business thinking" : comprendre comment marche une entreprise. On doit pouvoir se mettre à la place du chef d’entreprise, connaître le métier de l’entrepreneur. » 

Forte de cette conviction, elle fait la connaissance de Cyril Gombert, originaire de Marseille, lors d’une conférence à Uppsala. Une rencontre sentimentale et professionnelle qui l’encourage à sauter le pas : « On a commencé à discuter pour faire quelque chose ensemble… ».

Le cosmétique, une passion

Restait à savoir dans quel domaine d’activité. Et comme avec Jeanette Borgstrom, la passion n’est jamais loin, ce sera la cosmétique. « J’avais travaillé dans la cosmétique, c’était un boulot d’étudiante. Ça a toujours été une grande passion pour moi », précise-t-elle. Un projet pour lequel elle veut s’appuyer sur le savoir-faire de la Provence en la matière, « un nom connu partout dans le monde », ainsi que sur l’image de la France, « vue de l’étranger comme la marque du luxe ». C’est ainsi qu’elle imagine le nom Lavandière de Provence, « une marque pensée pour l’export mais qui parle aussi aux gens d’ici ». Dès lors, le déménagement à Marseille s’impose. « Créer une entreprise en Suède aurait été peut-être plus simple. Mais pour faire les cosmétiques, il faut être en Provence. » Et forte de ses connaissances d’avocate d’affaires, elle rédige elle-même les 22 pages des statuts de sa Société par actions simplifiée (SAS).

Jeanette Borgström se confronte alors aux codes de la société méditerranéenne. « J’avais déjà vécu à Paris, mais ici, c’est différent. C’est difficile pour tout le monde, mais peut-être plus pour une femme, qui plus est une jeune Suédoise. Etre reconnue, respectée, ça a été compliqué et ça l’est toujours », reconnaît-elle. Elle a alors dû changer sa façon de travailler.

« On s’est aperçu qu’avec certains fournisseurs, c’était mieux si Cyril, un homme, prenait rendez-vous. Car souvent, les gens ne parlent qu’avec l’homme, et jamais ils ne pourraient imaginer que je suis la présidente. »    

L’export, une stratégie gagnante

Mais il en fallait plus pour décourager celle qui fonctionne « comme une juriste et comme une présidente de l’entreprise ». Après une méticuleuse étude de marché, elle décide d’innover en imaginant une gamme de produits cosmétiques (savon, gel douche, lait corporel ou parfum d’intérieur) s’appuyant sur le savoir-faire provençal tout en se démarquant de la concurrence. « On utilise du vrai savon de Marseille pour concevoir le nôtre, mais nous l’avons un peu revisité pour plaire à une large clientèle de luxe, cite-t-elle en exemple. C’est le mariage de la tradition et de la modernité. » Ainsi, tout est fabriqué en Provence par des fournisseurs locaux via un cahier des charges très précis « pour coller au marché et à la demande ». Puis Jeanette Borgström innove à nouveau en leur apportant une touche design moderne, un domaine dans lequel les Scandinaves disposent d’un réel savoir-faire.

Les produits sont ensuite exportés, dans un premier temps vers la Scandinavie. « On a commencé à l’étranger car ce n’était pas forcément en Provence qu’il était le plus facile de s’installer. » Cette stratégie ayant été couronnée de succès, Lavandière de Provence revoit aujourd’hui ses ambitions à la hausse. Ainsi, la jeune entreprise installée dans le 12e arrondissement de Marseille, va désormais s’attaquer au Benelux et à l’Allemagne où elle dispose déjà de demandes. Et forte d’une notoriété acquise sur les réseaux sociaux, elle s’attèle conjointement aux marchés français et provençal.

« Les réseaux sociaux marchent très bien et on a également visité des boutiques qui sont autant de potentiels futurs distributeurs. Ici aussi, on a de très bons retours », souligne-t-elle.

Parallèlement à ces ambitions commerciales, la gamme de produits va s’étoffer. Avant d’être totalement repensée dans un avenir plus lointain afin de s’attaquer au marché chinois où les attentes sont différentes.



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