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Jean-François Salessy : « le sportif aura de plus en plus besoin d'une agence de communication »

le 13 mars 2017 - Serge PAYRAU - Dossiers

Jean-François Salessy : « le sportif aura de plus en plus besoin d'une agence de communication »
G. Majolet - Jean-François Salessy, fondateur de Pimiento Agency

Fondateur de Pimiento Agency, qui a notamment défendu les intérêts de nombreux athlètes du Cercle des nageurs de Marseille (CNM) ou de l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de handball Claude Onesta, Jean-François Salessy est intervenu lors du débat organisé par le barreau de Marseille et les Nouvelles Publications. Il a évoqué un métier de l'ombre : agent d'image.

De son propre aveu, le métier d’agent d’image de Jean-François Salessy, fondateur de Pimiento Agency, a pour origine un « no man’s land ». « A l’issue d’une aventure au Cercle des nageurs de Marseille (CNM), on s’est aperçu du besoin de représenter les sportifs en tant qu’agent d’image », se souvient-il. A l’instar de la série télévisée « Dix pour cent », qui explore les relations entre les acteurs et les agents dans le milieu du cinéma - ces derniers étant rémunérés à hauteur de 10 % des contrats, d’où le titre de la série -, la rémunération des agents fonctionne sur les mêmes ressorts dans le milieu du sport. « Sauf que dans certaines disciplines, c’est par le droit à l’image que les sportifs ont le plus de rémunérations », souligne Jean-François Salessy. D’où l’appellation agent d’image.

Sortir les sportifs de leur bulle

Dès son premier « client », le nageur Frédérick Bousquet, le patron de Pimiento Agency a décidé d’innover. « Au lieu des 10 % habituels, on a fixé un taux de commission de 20 %. Et on a pris 25 % de ces 20 % pour financer l’accompagnement de sportifs : billets de train, cours de média-training, de théâtre… Le but était de leur expliquer le monde qui les entoure », explique-t-il, alors que les sportifs de haut niveau vivent le plus souvent dans leur « bulle ».

Jean-François Salessy est également parvenu à délocaliser certains shootings de Paris à Marseille, ce qui perturbait beaucoup moins l’entraînement et la préparation des athlètes. « Les agences se sont aperçues qu’on travaillait beaucoup mieux et pour beaucoup moins cher. » Un succès qui rejaillit sur l’aura de Pimiento Agency qui attire alors dans ses filets d’autres sportifs comme de Claude Onesta, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball aux multiples succès. « Il a animé de nombreux séminaires en entreprises car ces dernières sont friandes des expériences des sportifs. C’est une activité qu’on a développée. »

« Le sport est devenu une économie en tant que telle »

Le maître mot du métier d’agent ? Tout en assurant la négociation des contrats, leur gestion calendaire et leur logistique, il faut fournir un service personnalisé. « Selon le sportif, on travaille complètement différemment. Par exemple, on ne fera pas la même chose avec les nageurs Camille Lacourt, 25 ans, déjà champion du monde et qui incarne le glamour sportif, et Florent Manaudou, 21 ans, pas encore champion olympique et qui porte sur les épaules le poids de la carrière de sa sœur », image-t-il.

Si beaucoup des nageurs historiques de Pimiento ont aujourd’hui arrêté leur carrière, l’activité de l’agence ne s’en ressent pas car de nombreux autres sportifs lui ont confié leurs intérêts. Et nouvelle corde à son arc, Jean-François Salessy s’est associé avec Anne Hommel, qui a géré la communication de Dominique Strauss-Kahn après l’affaire du Sofitel, pour créer l’agence Match Point, spécialisée dans la communication de crise dans le sport. « Le sport est devenu une économie en tant que telle avec ses crises, la presse… Aujourd’hui avec Internet, chacun a le monde au bout de son pouce. Et comme le disait Claude Onesta, "le temps du sport et de la presse, c’est différent", ce qui peut poser des problèmes à un sélectionneur. Avec la réactivité, le sportif aura de plus en plus besoin d’une agence de communication », résume l’agent d’image.

Sans oublier cependant l’essence même du secteur. « Même si on en fait un métier, le sport, c’est un domaine de passion qui dépasse toutes les frontières, qu’elles soient de nationalité ou de sexe », conclut Jean-François Salessy.

Retrouvez l'intégralité du compte-rendu de notre petit-déjeuner débat sur « le sport, qu'est ce que ça rapporte » dans le numéro 9938 (parution le 10 mars).





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