Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

« Si tu as compris la Friche, c'est qu'on t'a mal expliqué »

le - - Oxygène

« Si tu as compris la Friche, c'est qu'on t'a mal expliqué »
Laurent Chappuis - La Friche terre de culture, Fabrice Lextrait, édition Sens et Tonka, 515 pages, 29,50 EUR.

Comprendre la Friche… Si tant est que ce soit possible de revenir sur 25 ans de parcours inédit, 25 ans d'évolution incroyable, avec des arrivées, des départs, des frichistes bohèmes devenus pour certains des salariés permanents… Comment raconter et surtout donner à comprendre l'étonnante aventure humaine que constitue la Friche la Belle-de-Mai. Fabrice Lextrait s'y est collé. Une voix forcément légitime pour en parler, puisqu'il la connaît depuis ses débuts.

« La Friche terre de culture » est un sacré pavé de 500 pages, extrêmement bien documenté et annoté. Difficile de faire moins pour évoquer ce quart de siècle devenu « ce projet artistique, économique, social, urbain et politique considéré à travers le monde comme l'un des plus innovants de ces dernières décennies », souligne l'auteur Fabrice Lextrait, cofondateur et administrateur de la Friche jusqu'en 2000 et désormais directeur des Grandes tables, le restaurant du site. Une bible qui se parcourt aussi bien dans l'ordre que dans le désordre, qui se grappille, ici un portrait, là un témoignage.

Fabrice Lextrait a réalisé 32 entretiens avec 22 artistes en résidence artistique permanente et 10 en résidence temporaire : le chorégraphe Georges Appaix, le compositeur Lucien Bertolina, l'artiste multimédia Christine Coulange, le cinéaste Denis Cartet, le pilier d'IAM Imhotep (alias Pascal Perez) le sérigraphe/musicien/cofondateur du Dernier Cri, Pakito Bolino, le paysagiste Jean-Luc Brisson, le groupe Dunes (les premiers à avoir investi le toit-terrasse de la Friche), le musicien Ahmad Compaoré ou encore le DJ Jack de Marseille sont quelques-uns des témoins invités à raconter « leur Friche ». Car si chacun affiche sur le papier un métier bien défini, ils se définissent avant tout comme des artistes. Grâce à eux, Fabrice Lextrait nous offre une véritable immersion en terre frichiste. Dialogués, ces entretiens vivants racontent mieux que personne les débuts, l'évolution et demain aussi.

Un livre témoignage

« C'est un lieu de travail associant tous les publics et ouvert depuis toujours à toutes sortes de pratiques, depuis des visites d'ateliers jusqu'aux activités artistiques et sportives ». De son ouvrage, l'auteur dit que « ce n'est ni une monographie, ni une autobiographie, ni un reportage, ni un documentaire. Ce livre est une vision subjective, objectivée par mon parcours et mes expériences ». Il raconte donc comment la Friche est née, sous l'impulsion de trois hommes, Christian Poitevin, Philippe Foulquié et Alain Fourneau. En 1993, ce dernier expliquait à La Marseillaise :

« Je ne peux pas raconter la Friche, c'est un centre de vie, d'activité. Il y a de la place pour les professionnels comme pour les jeunes en formation ».

Dans ce sens, Philippe Foulquié affirme : « Si tu as compris la Friche, c'est qu'on t'a mal expliqué ».

Fabrice Lextrait l'assure : « ce livre retrace plus de 25 années d'engagements, de rencontres, d'hypothèses et de tentatives qui doivent permettre de défricher avec radicalité la question de "la place de l'artiste dans la ville" ». Mais difficile pour les moins de 30 ans de s'imaginer que ce lieu, qui fait désormais partie de leur paysage culturel, a été à l'origine un laboratoire. Un squat devenu lieu de travail, mais aussi de production pour des dizaines d'artistes. Tout n'a pas été facile au départ. Il a fallu convaincre, pour faire du site un outil politique.

Ce qui est évident et légitime pour tout le monde aujourd'hui s'est parfois gagné dans la douleur. Pas facile de faire cohabiter plusieurs mondes et de n'en laisser aucun sur le bord de la route. Ce livre permet donc de comprendre comment tout ça est né, ici, chez nous, à Marseille, à la Belle-de-Mai, juste à côté de la maternité (devenue un Villages clubs du soleil, ndlr) dont on disait que « seuls les vrais Marseillais sont nés à la Belle-de-Mai »…

La Friche la Belle de Mai fête ses 25 ans les 9 et 10 décembre

11h • Inauguration des nouveaux espaces
GMEM - Centre national de création musicale de Marseille,
Plateforme jeunesse, nouveaux locaux et ateliers d'artistes.

12h • Pose de la première pierre des prochains travaux

18h • « La Friche a 25 ans, maintenant et après »
Rencontre publique - Grandes Tables de la Friche

Tous ceux qui aiment, ont aimé, fréquentent ou ont fabriqué la Friche la Belle de Mai sont chaleureusement invités à ce temps de paroles, d'images, de souvenirs sonores, de témoignages, de prospective et de plaisir d'être ensemble.

21h • « La Friche qui danse »
DJ Set et vidéo de Denis Cartet aux Grandes Tables

La fête se poursuivra tout le week-end !

Samedi 9 décembre
• Programmation musicale concoctée par le MIX (Gmem, Radio Grenouille, Ami, Cabaret Aléatoire), portes ouvertes des nouveaux résidents.

Samedi 9 et dimanche 10 décembre
• Marché des producteurs et créateurs, jeux de kermesse pour les enfants, entrée libre exceptionnelle aux expositions.

L'ensemble des évènements du week-end sont en accès libre.

L'agenda complet est à retrouver sur le site de la Friche



Alexandra Zilbermann
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Nouvelles Publications Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide