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Mobilisation des avocats « Si l'autorité judiciaire est mise à mal, nous avons le devoir de nous lever »

le - - Droit et Chiffre

« Si l'autorité judiciaire est mise à mal, nous avons le devoir de nous lever »
S. Payrau - De gauche à droite, Julie Taxil et Delphine Gallin, membres du Conseil de l'ordre, Geneviève Maillet, bâtonnier du barreau de Marseille, Benjamin Ayoun et Stéphanie Spiteri, membres du Conseil de l'ordre.

A la veille de la « marche des droits », la manifestation des barreaux de France ce 11 avril à Paris, les avocats marseillais ont rappelé le sens de leur mobilisation et dénoncé à nouveau le contenu du projet de loi de programmation de la justice.

« A Nice, ils ont bloqué la salle des assises, les CRS sont venus. Peut-être qu'il faudrait qu'on mette du sang sur les murs pour que quelqu'un prenne conscience de la gravité de la situation ? », s'interroge Geneviève Maillet, le bâtonnier du barreau de Marseille. A la veille de la « marche des droits », la manifestation des barreaux de France ce mercredi 11 avril à Paris, les avocats marseillais sont toujours vent debout contre le projet de loi de programmation de la justice.

En tout premier lieu, ils contestent la voie choisie par le gouvernement, celle des ordonnances sans débat parlementaire, pour faire adopter cette réforme. « Lorsqu'une loi modifie profondément la société, elle est débattue devant le Parlement, elle a un visage », rappelle Geneviève Maillet en évoquant la loi sur l'avortement incarnée en son temps par Simone Veil, ou celle sur la peine de la mort personnifiée par Robert Badinter. Tout le contraire d'aujourd'hui où des ordonnances vont imposer « une loi sur la justice toute entière, qui nous concerne tous, pas seulement les avocats, les magistrats, les greffiers, les fonctionnaires, mais toutes les personnes qui auront ou ont eu un jour besoin d'avoir recours à la justice ». Et le bâtonnier de Marseille de rappeler pourquoi les avocats ont décidé de se mobiliser depuis le 16 mars dernier.

« Notre société est bâtie sur trois pouvoirs : l'exécutif, le législatif et l'autorité judiciaire qui est indépendante. Et si elle est mise à mal, nous, avocats, avons de le devoir de rejoindre les magistrats et de nous lever tous ensemble. »

« Pour la justice »

Rappelant que « l'homme ne doit pas être éloigné de son juge », principe datant de 1804, les avocats dénoncent notamment « ces petits litiges qui seront traités par des algorithmes », ou ces boîtes privées qui seront saisies en lieu et place des juges alors que « leur indépendance et leurs compétences sont inconnues ».

« Ce qui existe, c'est la protection des droits, ce qu'on nous propose, c'est la réduction des droits », tranche Stéphanie Spiteri, membre du Conseil de l'ordre.

Ainsi, les avocats « ne sont pas contre les juridictions, les tribunaux, mais pour la justice », souligne Geneviève Maillet. Car bien que privé d'un débat parlementaire, le barreau de Marseille, qui « n'est pas un barreau d'arrière-garde », veut faire entendre sa voix. Et il ne manque pas de propositions pour « une justice digne, convenable, juste et humaine », à l'heure où la société aborde « un virage » où « on va savoir si ce qui est important, c'est l'homme ou la vitesse d'exécution », poursuit le bâtonnier. Avant de conclure : « Quand il n'y a pas de débat parlementaire, il se fait quand même dans les tribunaux, dans la rue, où il peut ».




Serge Payrau
Journaliste

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